L’homme, un animal comme les autres ?

Au moment des repas gastronomiques qui accompagnent les fêtes de fin d’année, l’antispécisme cherche à abolir les frontières entre les êtres vivants. Alors les animaux, à la casserole ou dans nos bras ?

Le monde devient fou : des commandos viennent maintenant attaquer des boucheries et s’en prennent physiquement aux personnes qui y travaillent. Les auteurs justifient leurs actions au nom de l’antispécisme. Ce mot est apparu en 1970 pour attester que toutes les formes de discrimination entre les espèces sont illégitimes et soutient qu’on ne peut traiter les animaux de manière différente des êtres humains.

 

Scandales à répétition

 

À l’origine peut-être de ce soulèvement, des vidéos scandaleuses ont circulé ces dernières années, montrant les conditions de travail dans certains abattoirs (dont un en plein territoire parpaillot, au Vigan, horreur !). On y voit des animaux mugissant de terreur, certains n’étant pas encore morts alors que le dépeçage commence. Le public a aussi été alerté sur les conditions de vie dans certains élevages, notamment de poules, où les bêtes sont entassées sans pouvoir bouger au milieu de leurs excréments, souvent blessées et gavées de médicaments. La liste est longue des maltraitances animales dont l’homme s’est rendu coupable au fil des siècles. Pendant longtemps, personne ne s’est posé de questions. Les animaux étaient utilisés pour alléger le fardeau des hommes, contribuer à leur alimentation et à leur habillement. Descartes leur a même nié la capacité de souffrir, les comparant à des machines, ce qui était bien commode. Aujourd’hui la législation a changé, ce qui est une bonne chose, et condamne les sévices à leur endroit.

 

Bon sens et responsabilité

 

N’en déplaise aux extrémistes, l’homme est omnivore, comme les cochons ou les ours. C’est navrant, mais il y a même des animaux qui sont exclusivement carnivores (donc assassins) : nourrir des renards ou des lynx avec de la salade est compliqué. Les bergers des Alpes ou des Pyrénées aimeraient particulièrement convaincre loups et ours de se mettre aux fines herbes, hélas en vain jusqu’à présent. Quant aux hommes, se passer des protéines animales n’est pas évident pour garder une alimentation équilibrée et se maintenir en bonne santé. D’autre part, pourquoi élever des animaux si on ne peut plus les traire pour leur lait, les tondre pour leur laine ou les consommer pour leur viande ? La majorité d’entre eux serait ainsi condamnée à disparaître.
Cela dit, oui nous consommons trop de viande, oui nous devons respecter la nature et tous les êtres vivants, ne pas gaspiller les ressources fragiles dont nous disposons. Les hommes sont dominants sur la Terre, donc ils se doivent d’être responsables, d’élever les animaux correctement et de ne pas les faire souffrir. Chacun a le droit bien sûr d’être végétarien ou végan, mais pourquoi chercher à forcer les autres ? Les actions auxquelles nous assistons s’apparentent plus à la haine de soi, des humains contre d’autres humains. Pour les écologistes et les antispécistes, tout le mal vient des hommes ; la solution logique de leur raisonnement serait donc qu’il faut réduire ces milliards d’êtres humains qui polluent, maltraitent, tuent… Pour ceux-là, une bonne guerre ou une bonne épidémie bien ciblée, deux ou trois milliards d’hommes en moins et tout ira mieux !
À ce stade, on aimerait revenir aux textes bibliques et en particulier à celui d’Esaïe 11.6-9 : le loup séjournera avec le mouton, (…) la vache et l’ourse auront le même pâturage, leurs petits une même couche ; le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère. Il est souvent lu pour Noël. Mais il parle de la naissance du Messie ou du Paradis ? Un monde qui n’existe pas encore, de toute évidence.

 

 

 

 

 

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