Le conseil presbytéral

En vue du renouvellement des conseils presbytéraux au printemps, nous vous proposons une série d’articles sur le conseil presbytéral. Nous commençons par le rôle et les caractéristiques du conseil avec un encadré sur l’engagement du conseiller.

La paroisse ou l’Église locale se gouverne par l’intermédiaire d’un conseil presbytéral dans le cadre général de la Constitution, des statuts, des règlements et des décisions du synode national de l’Église protestante unie de France. (Constitution de l’EPUdF, art. 4 §1)

 

La gouvernance de l’Église locale

 

Dans notre société marquée par une culture catholique, on semble étonné lorsque l’on rappelle que le gouvernement de l’Église locale est assuré par un conseil et non pas par le pasteur. Ceci est conforme à un des grands principes de la Réforme, le sacerdoce universel. Certes il ne s’agissait pas d’une organisation purement démocratique : le conseil des anciens (ce qui sera plus tard le conseil presbytéral) était constitué de membres cooptés, puis, dans l’organisation imposée par Bonaparte en 1802, des conseils de consistoire furent créés dont les membres étaient choisis parmi les plus imposés. Cela a contribué à « notabiliser » la composition des conseils et, malgré un assouplissement de cette règle dès 1852, les Églises ont été bien souvent dirigées par des notables. C’est sans doute pour éviter une professionnalisation de ce ministère que la constitution de l’EPUdF a limité, dans son article 4 §3, à trois le nombre de mandats consécutifs, la durée d’un mandat étant de quatre ans.

 

Équilibrer le conseil presbytéral

 

Ce sont les membres de l’association cultuelle qui élisent parmi eux les conseillers presbytéraux. Mais comme le rappelle le règlement d’application : « Il appartient au conseil presbytéral de faire des propositions pour son renouvellement. » (RA art.4 §3.1). Car le bon fonctionnement d’un conseil presbytéral dépend souvent d’un juste équilibre entre la cohérence et la représentativité.

 

Les caractéristiques indispensables

 

Dans Vivre l’Église, le conseil presbytéral (Éditions Olivétan), Michel Bertrand rappelle justement les « quatre caractéristiques indispensables » de ce ministère : la « confiance », le « discernement », la « collégialité » et la « solidarité » pour que le conseil puisse l’exercer au service de l’Évangile et de l’Église protestante unie. Ce peut être un service difficile, mais « un ministère passionnant que l’on vit avec d’autres et qui fait appel à notre esprit d’inventivité, notre créativité, notre sens des responsabilités et de notre désir d’être au service du Dieu de Jésus Christ ».

 

 

 

Être conseiller, ce n’est pas pour l’être soi-même mais pour les autres et le service commun, ce qui est rappelé par cet engagement cité dans la liturgie de reconnaissance de ministère : travailler « fraternellement avec tous ceux qui ont part à l’œuvre du Seigneur. » Cela implique d’avoir un esprit d’équipe, non pas en faisant abstraction de ses propres opinions, mais en sachant également être à l’écoute. Et si les conseillers s’engagent également à être « assidus aux assemblées de l’Église », il semble qu’il leur appartient de ne négliger aucune activité de la paroisse en acceptant d’y représenter le conseil. Et si être conseiller presbytéral n’exige aucun diplôme, il est demandé de poursuivre sa « formation spirituelle, théologique, humaine ». Et d’accepter ce ministère, pour paraphraser ce cantique évangélique, comme un « joyeux service ».

 

 

 

 

 

 

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