Le plus et le moins

Une histoire tirée du Premier Testament, qui parle de la maladie, mais surtout du malade…

 

 

 

 

Naaman était un homme fort, estimé du roi lui-même. Il avait une position sociale, une place enviée. Pourtant sa notoriété ne servit à rien, la maladie ne l’épargna pas, ne craignant pas de s’en prendre à pareil homme. Comme la mort, elle frappe sans distinction de classe ou de statut. Il contracta la lèpre qui le rendit impur, inapte, dirait-on aujourd’hui. Grave coup porté à cet homme de renom. Certains se pensent à tort intouchables puisque tout leur réussit. Quelle déconvenue lorsque le mal les atteint.

 

Et c’est chargé d’or et de présents que Naaman vint vers le prophète chercher sa guérison, car à l’évidence, pour lui comme pour nombre de nos contemporains, tout s’achète en ce monde, même les égards de Dieu. Le prophète ne vint même pas en personne, et lui fit dire de se plonger seulement sept fois dans le fleuve. C’était trop simple pour Naaman, on se moquait de lui. Il attendait quelque geste magique pour le moins, un peu de sensationnel. Il en conçut de la colère.

 

Heureusement pour lui, ses serviteurs plaidaient avant l’heure pour le « qui peut le plus peut le moins ». Puisqu’il était prêt au difficile, pourquoi ne pas tenter le facile ? Bien lui en prit : il fut guéri.

 

Aujourd’hui encore, il est bien malaisé d’accepter un Dieu qui s’offre gratuitement. Il y a de l’incompréhension, du doute, de la méfiance à croire que rien n’est demandé en retour.

 

Pourtant il suffit d’accepter simplement que Dieu nous aime inconditionnellement, et que ce qu’il donne est simple et gratuit.

 

Anne-Laure Cronfalt,
Aumônier au CHU de Nice

 

 

 

 

 

 

 

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