Le populisme, une menace pour la démocratie ?

Dans la campagne présidentielle, l’extrême droite prend une place de plus en plus importante. En jouant sur les angoisses, elle attire des votes de protestation. La démocratie y perd ses lettres de noblesse.

Le populisme est occupé à gripper la mécanique démocratique jusqu’à la rendre inopérante. Partout en Europe, l’extrême droite a le vent en poupe. Au-delà d’une simple constatation, « les partis populistes flattent le peuple dans ce qu’il a de moins bon », il est judicieux de s’interroger plus en profondeur sur les raisons du succès de ces partis. À mon avis, ce vote, avant d’être un vote xénophobe, est un vote de protestation et non pas un vote de conviction, quoiqu’en disent les dirigeants de ces partis qui savent eux très bien comment jouer sur les angoisses des gens.

 

C’est un vote qui envoie le même message que l’abstention : « tous pourris ». C’est cela qui est grave, car la démocratie est par définition le choix de l’alternance. Les citoyens déboussolés pensent que c’est le seul choix qui leur reste : le monde politique, du moins ceux qui ont exercé le pouvoir, est complètement discrédité. 

 

Une surdité sélective
Contrairement au Dieu de la Bible qui, lui, « a entendu les clameurs de son peuple » (Exode 3.7), nos dirigeants sont sourds. Ils n’écoutent pas assez les vraies doléances de la population précarisée par les jeux scandaleux des marchés financiers et les incohérences des politiques libérales. Se creuse alors un fossé entre une petite élite qui détient une majeure partie des rouages de la société et l’ensemble de la population. Dès lors, beaucoup de « petites gens » ont l’impression de n’être pas représentés dans les instances parlementaires. Parmi les élus, peu de femmes, peu de citoyens issus des classes défavorisées ou de l’immigration ou même des classes moyennes.

 

Un autre danger du populisme, c’est qu’il a besoin de boucs émissaires pour trouver des responsables aux situations indignes que vivent beaucoup de nos concitoyens : les immigrés, les demandeurs d’asile, les Roms et les Tziganes, les musulmans qui prient dans les rues et qui demandent des mosquées… 

 

Que faire ?
Il faut prendre le mal à la racine au lieu de courir après les partis d’extrême droite, sachant que l’électeur préfère toujours l’original à la copie. Identifions donc le terreau sur lequel grandissent ces partis et les raisons pour lesquelles des électeurs leur font confiance. Sans être un grand expert, il est assez facile de les décliner : la précarité croissante, le chômage qui en est souvent la cause, les inégalités qui se creusent, la corruption qui s’étale au grand jour, les injustices sociales toujours plus insupportables…

 

Mais qui aura le courage de prendre ces sujets à bras le corps pour y remédier de façon radicale ?

 

 

 

 

 

#Actualité

À la découverte des protestants en région

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

Retour du Synode national à Montbéliard 2026
Région Ouest
Retour du Synode national à Montbéliard 2026
Jean-Luc Cremer, président du Conseil régional de la région Ouest, revient sur le Synode national de l’Église protestante unie de France, qui s’est tenu à Montbéliard du jeudi 14 au dimanche 17 mai 2026 autour du thème : « Vivre l’Église universelle ».
Maintenir un lien
Sud-Ouest
Maintenir un lien
Dans les paroisses isolées, sans pasteur, des initiatives existent pour assurer des activités et l’entretien du lien entre paroissiens. Les études bibliques par téléphone dans le Comminges ou en visioconférence en région en donnent des exemples.
Mettre les Eglises en relation
Sud-Ouest
Mettre les Eglises en relation
Eglise et technologie
Et si un certain J.-C. avait utilisé les réseaux sociaux ?
Question d'actu
Et si un certain J.-C. avait utilisé les réseaux sociaux ?
Face aux like et aux haters, comment réagirait Jésus ? Comment transmettre et se faire comprendre par l’intermédiaire des réseaux sociaux ? Au final, une véritable rencontre n’est-elle pas l’essentiel ?
Dominique Imbert, présidente de la commission des ministères
Église protestante unie de France
Dominique Imbert, présidente de la commission des ministères
Dominique Imbert est présidente de la commission des ministères depuis juin 2025.
A Bellocq, une expérience qu’on voudrait partager
Béarn - Pays de l'adour
A Bellocq, une expérience qu’on voudrait partager
Cultes en visioconférence
Haters, « rageux » et autres justiciers du net
Actualité
Haters, « rageux » et autres justiciers du net
Qui a perdu deux ans d’espérance de vie (et parfois toute foi en l’humanité) en scrollant des soirées entières sur les réseaux sociaux le sait : tout propos un peu clivant ou simplement ironique mobilise instantanément une légion d’enragés prêts à courageusement insulter son auteur. Bienvenue dans la géhenne numérique !
La première femme archevêque de Canterbury
Actualité
La première femme archevêque de Canterbury
Le 25 mars dernier, Sarah Mullally a été intronisée comme archevêque de Canterbury. L’arrivée d’une femme à la tête de l’Église d’Angleterre pourrait conduire à une rupture de la Communion anglicane.
Le bistrot des grands-parents
Jeunes
Le bistrot des grands-parents
Vers un espace pour échanger, penser sa place et imaginer comment soutenir la spiritualité des enfants.