Les protestants se cachent pour manger de la paëlla

Pour le week-end de mon anniversaire (NDLR le 9 juin, souvenez-vous-en !), plusieurs paroisses de la région Cévennes–Languedoc-Roussillon m’ont invité à leur fête de fin d’année. Des moments forts d’échanges et de partage.

Étrange tradition me dirait vous, manger de la paëlla chez des protestants ! Peut-être trouve-t-on un lien avec la tradition taurine de notre région ? Je rajouterai que la paëlla est un plat roboratif, facile à préparer en grande quantité et particulièrement convivial. Je prends donc ma voiture et me voilà en route pour le premier lieu. Un bout de forêt au fond des vignes aux abords de Saint-Pargoire, dans l’Ensemble Centre Hérault. C’est une célébration œcuménique. Un lieu magique, un accueil chaleureux, une célébration sous les arbres, un cadre enchanteur et un moment spirituel fort.

 

N’ayez pas peur, il n’y a plus de dragons (© Nicolas Boutié)

 

Première paëlla

 

Grâce à mon super GPS, j’ai trouvé le lieu sans aucun problème. Mais, j’ai remarqué l’absence de fléchages.

 

La journée se termine, tout le monde se dirige vers sa voiture. Après un détour par la cave viticole des propriétaires du lieu, me voilà à nouveau dans ma voiture en direction de Mèze, pour rejoindre le groupe famille de l’Ensemble entre Gardon et Vidourle. On m’avait indiqué la place Monseigneur Hiral comme lieu de rendez-vous. Je m’engage dans les ruelles sinueuses de la ville, trouve finalement cette minuscule place, ce n’était pas le bon endroit. Je finis par rejoindre les familles, partage un temps spirituel avec eux autour de la Bible et du vin.

 

 

 

Deuxième paëlla

 

Le lendemain matin, un peu encore sur ma digestion, je reprends ma voiture en direction de Brignon pour la fête de paroisse. Un baptême du feu pour moi, puisqu’après le culte avait lieu une ferrade. Heureusement, on m’avait indiqué le ball-trap qui était à côté, car aucun panneau ne fléchait l’événement. L’accueil, encore une fois, fut des plus chaleureux, le culte un moment de partage et de chant dans la joie et la ferrade, la découverte d’une tradition.

 

 

 

Troisième paëlla

 

Et comme il y en avait deux différentes, je me suis resservi.

 

 

Quatrième paëlla

 

Alors, oui ! Si les oiseaux se cachent pour mourir, les protestants se cachent pour manger de la paëlla. On pourrait penser qu’ils ne veulent pas s’ouvrir au monde et rester entre eux, mais vraiment ce n’est pas le cas. L’accueil est toujours un élément primordial de ces moments de spiritualité festive.

 

Comme on m’en a soufflé l’idée, il semblerait que dans les éléments innés chez tout bon protestant, il y a la peur du dragon. Entendez-moi bien, pas le cracheur de feu médiéval. Mais bien le militaire qui, au XVIIIe siècle, persécutait les familles protestantes récalcitrantes. Trois cents ans plus tard, nous nous cachons encore !

 

Je remercie tous ceux qui m’ont accueilli les bras ouverts et avec une profonde amitié pour ce week-end culinaire et spirituel. Merci pour votre accueil, mais n’ayez pas peur ! Les dragons ont disparu depuis fort longtemps.

 

 

 

 

 

 

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