Un monastère bénédictin en pays huguenot

Si vous vous promenez dans le sud des Deux Sèvres, dans le triangle Saint-Maixent – Celles-sur-Belle – La Mothe-Saint-Héray, en bordure de la forêt de l’Hermitain et à quelques kilomètres du musée protestant de Beaussais, vous serez tout près du monastère de l’Annonciation de Prailles, mais la pancarte est si discrète que vous risquez de passer votre chemin.

En octobre 1999, après une longue réflexion, les sœurs bénédictines de Saint-Julien-l’Ars près de Poitiers ont décidé de partir s’installer dans le sud des Deux-Sèvres à Prailles au lieu-dit Pié-Foulard dans le pays Mellois.

 

Un fort désir d’œcuménisme

 

Pour sœur Marie, prieure du monastère, « elles ont été conduites par l’Esprit » dans cette zone délaissée du diocèse, au cœur d’une région fortement marquée par les guerres de Religion. Cette nouvelle implantation a suscité étonnement et crainte chez quelques catholiques et protestants connaissant l’histoire et les vieux conflits de ces lieux… mais les sœurs sont venues avec un fort désir d’œcuménisme.
En signe d’unité et de « non conquête », quatre sœurs ont fait le chemin à pied entre Saint-Julien-l’Ars et Prailles accompagnées de quatre diaconesses de Reuilly, hébergées chaque soir par des familles catholiques ou protestantes.
L’église du monastère construite dans une magnifique grange est simple pour que tous s’y sentent bien ; ni clocher ni cloches qui puissent s’entendre de loin et troubler le silence de la campagne !
La vie des sœurs est rythmée par la prière enracinée dans la Parole de Dieu, le travail dans l’imprimerie où elles sont « revenues » à la typographie, technique plus manuelle et plus créative, et l’hospitalité.
Le monastère de Pié-Foulard est un lieu retiré mais accessible, noyé dans une belle nature où seuls les oiseaux habitent le silence.

 

Un œcuménisme de « voisinage »

 

L’aube pascale, depuis 2001, réunit, avant le lever du soleil, catholiques et protestants qui convergent en silence par les chemins du bocage vers le monastère où à 7 heures, environ 200 personnes se retrouvent pour célébrer dans la joie et par les Alléluias, la Résurrection du Christ. Un petit déjeuner est partagé avant le retour de chacun dans sa paroisse respective.
Le 31 décembre, en attendant la nouvelle année, les sœurs proposent la lecture d’un livre de la Bible. La TOB passe de main en main, la lecture étant ponctuée de prières et de chants. La soirée se termine par un repas partagé.
Le Secours solidarité entraide, créé à l’initiative de la communauté avec l’aide de l’Entraide protestante du Pays Mellois et le Secours catholique, accompagnent et apportent une aide matérielle et morale aux personnes en difficulté. C’est ainsi que fut mis en place le microcrédit.
Les sœurs, soucieuses de l’écologie et de la préservation de la planète, ont contribué au projet de la mise en place du Clic paysan, une fédération de maraîchers qui vendent leurs produits bio en circuit court
En 2017, pour les 500 ans de la Réforme, Pascale Renaud-Grobras, pasteure à Niort à l’époque, et les paroissiens ont demandé qu’un pin parasol – arbre emblématique du protestantisme – soit hébergé (c’est le terme employé) à Pié-Foulard.
Loin du bruit de la ville, dans une nature préservée, où règne le silence, les sœurs ont souhaité que leur présence soit un « signe de paix et de réconciliation ». Dans cette région du Poitou, le monastère est un lieu de réflexion, d’échange et de partage, d’écoute et d’accueil.
Pour reprendre les paroles de sœur Marie, « il est important de travailler ensemble, de demeurer ici malgré notre fragilité, et d’être une petite lumière ». . .

 

 

 

 

 

#Actualité

À la découverte des protestants en région

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

Serge Wüthrich distingué pour son engagement au service du dialogue judéo-chrétien
Fédération protestante de France
Serge Wüthrich distingué pour son engagement au service du dialogue judéo-chrétien
À l’occasion du 50ᵉ anniversaire de la Commission européenne luthérienne « Église et judaïsme », le prix décerné chaque année à une personnalité engagée en faveur du dialogue judéo-chrétien a été remis au pasteur Serge Wüthrich, président de la commission des relations avec le judaïsme de la Fédération protestante de France.
Trois questions à Frédéric Lère
Tarn
Trois questions à Frédéric Lère
Frédéric Lère expose en ce moment au Musée du protestantisme de Ferrières. Il nous explique son parcours et sa démarche artistique.
Retour du Synode national à Montbéliard 2026
Région Ouest
Retour du Synode national à Montbéliard 2026
Jean-Luc Cremer, président du Conseil régional de la région Ouest, revient sur le Synode national de l’Église protestante unie de France, qui s’est tenu à Montbéliard du jeudi 14 au dimanche 17 mai 2026 autour du thème : « Vivre l’Église universelle ».
Maintenir un lien
Sud-Ouest
Maintenir un lien
Dans les paroisses isolées, sans pasteur, des initiatives existent pour assurer des activités et l’entretien du lien entre paroissiens. Les études bibliques par téléphone dans le Comminges ou en visioconférence en région en donnent des exemples.
Mettre les Eglises en relation
Sud-Ouest
Mettre les Eglises en relation
Eglise et technologie
Et si un certain J.-C. avait utilisé les réseaux sociaux ?
Question d'actu
Et si un certain J.-C. avait utilisé les réseaux sociaux ?
Face aux like et aux haters, comment réagirait Jésus ? Comment transmettre et se faire comprendre par l’intermédiaire des réseaux sociaux ? Au final, une véritable rencontre n’est-elle pas l’essentiel ?
Dominique Imbert, présidente de la commission des ministères
Église protestante unie de France
Dominique Imbert, présidente de la commission des ministères
Dominique Imbert est présidente de la commission des ministères depuis juin 2025.
A Bellocq, une expérience qu’on voudrait partager
Béarn - Pays de l'adour
A Bellocq, une expérience qu’on voudrait partager
Cultes en visioconférence
Haters, « rageux » et autres justiciers du net
Actualité
Haters, « rageux » et autres justiciers du net
Qui a perdu deux ans d’espérance de vie (et parfois toute foi en l’humanité) en scrollant des soirées entières sur les réseaux sociaux le sait : tout propos un peu clivant ou simplement ironique mobilise instantanément une légion d’enragés prêts à courageusement insulter son auteur. Bienvenue dans la géhenne numérique !