Accueillir

Je me souviens des histoires de mon grand-père, propriétaire d’une ferme dans le Pays de Bray. À cette époque, ce n’est pas si éloigné, la force principale était celle des hommes et des animaux. L’époque des récoltes et moissons s’étirait de juin jusqu’à octobre, avec de nombreux ouvriers agricoles qui traversaient la France en suivant le mûrissement des céréales ou des fruits. Il n’était donc pas rare de rencontrer des personnes sur les routes, de leur faire une place dans la grange, en prenant bien soin de confisquer leur briquet. De là aussi, la tradition de mettre une assiette de plus à table, à tous les repas. Si l’accueil premier était inconditionnel, pour rester ensuite il fallait travailler. Des champs à défricher, un tas de bois à ranger, des réparations de clôtures, en dehors des moissons, le travail ne manquait pas. De là pouvait surgir la rencontre entre des univers, des informations d’autres régions que les médias ou les vacances ne permettaient pas de connaître. L’accueillant s’enrichissait autant de l’apport de l’accueilli. Aujourd’hui, l’information passe par d’autres canaux. Les saisonniers existent toujours, pour les vendanges par exemple, mais la quantité de travail a considérablement diminué et ils n’assurent que rarement le lien entre les territoires. Qu’on pense aux mariages célébrés au XVIIe siècle entre huguenots de Brie et de Lemé, simplement parce que les récoltes finies les garçons remontaient vers le nord pour aider dans les autres fermes. En un siècle, l’accueil a changé de visage ou de nécessité. Il se réinvente au gré des failles de séparation de notre nouvelle société : les générations, les migrations… Chaque fois que dans la rencontre accueillant et accueilli découvrent le visage d’une sœur ou d’un frère, et qu’ils prennent tous les deux le nom d’« hôte ».

 

 

 

 

 

#Dossiers

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

La montagne : des réalités derrière le rêve
Dossiers
La montagne : des réalités derrière le rêve
Ancienne membre du bureau fédéral de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM), Marie-Laure Tanon nous rappelle l’attractivité de la montagne, nous alerte sur ses dégradations et évoque les moyens de sa préservation.
La montagne dans la Bible
La montagne, un refuge à défendre
La montagne dans la Bible
Elle est présente presque partout ; il s’y passe un nombre incroyable d’événements fondateurs : la montagne était et demeure un lieu aux multiples facettes : sa beauté et ses dangers ; sa pureté et la désolation que l’homme peut y semer. Et si la montagne de la Bible nous apprenait quelque chose de notre aujourd’hui ?
Randonnée sur le GR de l’exil des huguenots
Dossiers
Randonnée sur le GR de l’exil des huguenots
La montagne de la "transfiguration"
Prier avec et pour les trailers
Dossiers
Prier avec et pour les trailers
C’est une initiative qui a duré deux ans et a mobilisé un petit groupe interreligieux et œcuménique. L’idée est née dans la tête de notre regretté collègue, Romain Gavache, alors pasteur d’Arve-Mont-Blanc qui voyait année après année des milliers de trailers venir participer aux différentes courses liées à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB).
Environnement : la gratitude seule
Dossiers
Environnement : la gratitude seule
C’est une devise qu’ont adoptée de nombreux randonneurs : « Ne laisser aucune trace ». Transmettre la joie de contempler la montagne sans lui nuire, c’est la mission des accompagnateurs de moyenne montagne.
Bible en montagne : un double ressourcement
Dossiers
Bible en montagne : un double ressourcement
Depuis 2012, chaque année, protestants et catholiques se retrouvent à Vars, dans les Hautes-Alpes, pour un séjour autour de la Bible. Une Parole qui met en marche !
Des séjours pour prendre de la hauteur
Dossiers
Des séjours pour prendre de la hauteur
Qu’ils soient organisés par des associations ou par les régions, les camps alliant Bible et montagne offrent toujours une occasion de grandir.
Vosges-Meurthe : Saint-Dié, Raon-L’étape, Senones et Baccarat
Les racines protestantes de la région Est-Montbéliard
Vosges-Meurthe : Saint-Dié, Raon-L’étape, Senones et Baccarat
Un peu de géographie : notre paroisse, située sur les contreforts des Vosges dans le bassin de la haute Meurthe, est constituée des paroisses de Saint-Dié des Vosges et de Raon-Senones-Baccarat.
Protestants à Besançon : mémoire d’une minorité, foi en chemin
Les racines protestantes de la région Est-Montbéliard
Protestants à Besançon : mémoire d’une minorité, foi en chemin
L’histoire des protestants de Besançon et de ses environs, du Pays de Montbéliard à la Suisse voisine, est riche et contrastée. Elle est marquée par des élans spirituels, des périodes de violence et d’exclusion, mais aussi par une fidélité durable, des reconstructions discrètes et un fort engagement social et éducatif. Se souvenir de ce passé ne relève pas seulement de l’histoire : il éclaire l’identité présente et ouvre des perspectives pour l’avenir.