Fondée à l’automne 2014 dans le but d’influencer les élections de mi-mandat de 2014, la société Cambridge Analytica est une société spécialisée dans la communication politique à partir des données personnelles des internautes. La technique est simple : à partir d’informations, la société revendique pouvoir tracer avec ses algorithmes la personnalité des électeurs selon 5 000 « points de données ». À partir de là il suffit d’envoyer des publicités, vidéos, messages, fake news, selon la personnalité déterminée pour infléchir le vote. Cela se fait de manière transparente pendant la navigation sur internet… L’utilisation de la publicité en politique n’est pas nouvelle. Ce qui change ici c’est la quantité de données, on est à l’échelle individuelle, et la façon dont elle a été collectée, de manière quasi systématique. L’efficacité semble avoir été suffisante pour avoir attiré les soupçons.
Dans les deux exemples, l’élection de Donald Trump et le référendum pour le Brexit, le scandale est venu de l’utilisation, à leur insu, des données personnelles de 87 millions d’utilisateurs de Facebook afin de les influencer. La société Facebook a été obligée de présenter des excuses pour la brèche de sécurité et son action a perdu 7 % en bourse.
Depuis le scandale, la société Cambridge Analytica a fermé, mais ses dirigeants, algorithmes et bases de données ont été repris par une nouvelle société dont les buts ne sont pas connus. Un film The Great Hack reprend cette histoire ainsi qu’un livre qui vient d’être traduit : L’affaire Cambridge Analytica, de Brittany Kaiser.

