Dès le réveil, mon téléphone me rappelle mon emploi du temps de la journée, mon rendez-vous chez le coiffeur, l’anniversaire de ma filleule, une réunion Skype… Mais plus étonnant encore, il est en lien avec mon ordinateur et les deux outils me rappellent à tout moment quelle activité je dois faire.
Si on en reste là, on pourrait se dire que le progrès technologique et l’évolution de l’intelligence artificielle sont là pour me rendre service. Sachons accepter le progrès !
Après mon petit-déjeuner, je commence ma journée. J’ouvre ma boîte mail. Surprise ! On me propose tout un lot de publicités. Amusant ! Hier soir, j’ai regardé des outils de jardin pour faciliter mon travail dans ce lieu verdoyant. Ce matin, on me propose divers sites qui veulent me vendre ces outils à des prix plus qu’attractifs. Séduisant !
Un algorithme mathématique a recoupé mes informations, mes recherches, mes passions (comme si j’étais lu à cœur ouvert) pour me proposer les offres les plus alléchantes.
Qu’à cela ne tienne, me voici sur Facebook, et là encore, ma passion du jardinage apparaît… Serais-je traqué par un consortium de fabricants d’outils de jardin ?
Après toutes ces aventures, je prends une pause bien méritée. J’ouvre mon réfrigérateur. À cet instant ma tablette numérique vibre… tiens un nouveau message ? Eh bien non ! Mon réfrigérateur dernier cri me rappelle que je dois aller faire les courses ; mon téléphone vibre à son tour, je dois marcher plus et manger moins ; mon ordinateur a pris le pouvoir, il ne répond plus à mes ordres…
Je finirai en reprenant La complainte du progrès de Boris Vian : mon frigidaire, mon robot mixer, ma tondeuse à gazon… « et nous serons heureux ! »

(© Pxhere)
