Sylvette Williams

Sylvette Williams est née et vit au cœur du pays châtaignier en Ardèche. Ethnologue de formation, elle travaille sur les cultures et traditions, jusqu’au jour où elle est associée à l’ouverture de la Maison du Châtaignier à Saint-Pierreville et à la renaissance de la culture de la châtaigne juste à côté de chez elle.

Saint-Maurice-de-Chalencon domine la vallée de l’Eyrieux, c’est là qu’est née et que vit Sylvette Williams. Après des études d’ethnologie conclues par un doctorat, elle travaille régulièrement pour de courtes missions sur l’histoire récente de zones de production industrielles ou agricoles, collectant les mémoires vives des acteurs et retraçant la culture des lieux. Ainsi a-t-elle pu étudier la production de fromage de chèvre dans les Monts du Lyonnais, la tradition de cueillette des aromates dans la Drôme, l’élevage des vers à soie et l’industrie des moulinages en Ardèche…

 

 

Au début des années 1990, alors que la châtaigneraie ardéchoise est en mauvais état, laissée à l’abandon sur une grande superficie de ce qui représente encore 30 % du territoire du département, Sylvette est sollicitée pour accompagner la transformation d’un petit musée local qui évoquait la châtaigne, entre autres, en une Maison du Châtaignier à Saint-Pierreville. Une poignée de castagnéiculteurs se bat en effet pour faire reconnaître cette culture et revaloriser la filière tout entière. « Tout est allé très vite », se souvient-elle. « J’ai été sollicitée au mois de mars pour une ouverture prévue avec le redémarrage de la saison touristique au mois de juin ! Heureusement, à ce moment-là, les archives départementales venaient de monter une exposition avec leurs documents sur le sujet. Nous avons pu travailler en lien avec les archives pour monter l’exposition permanente de cette Maison du Châtaignier, en envisageant tous les aspects de celle-ci : les dimensions agricole et économique, bien sûr, mais aussi sociale, culturelle, symbolique… »

 

Un musée pour construire l’avenir

 

De fait, la Maison du Châtaignier de Saint-Pierreville ne se veut pas un musée tourné vers le passé, mais l’un des éléments d’une dynamique portée, entre autres par les producteurs, pour revitaliser un secteur en difficulté. « C’est ce qui m’a tout de suite intéressée », souligne Sylvette, « pour une fois, je ne travaillais pas sur un sujet du passé, mais directement lié à un projet économique. » En quelques mois, les éléments sont réunis et prêts à être présentés, et la Maison du Châtaignier ouvre ses portes à l’été 1993. « Puisque la Maison était ouverte, il fallait bien pouvoir y assurer des permanences pour que les touristes et les gens de passage puissent y accéder… » C’est ainsi que pendant quelques années Sylvette va participer à cette aventure, assurant la permanence des lieux à mi-temps tout en continuant à développer des projets autour de cette Maison, en particulier des sentiers et routes de la châtaigne, serpentant à travers les vallées d’Ardèche, à la rencontre des producteurs et transformateurs.

 

Toute la filière mise en route

 

« À partir des années 1990, la production castanéicole se redéveloppe, mais d’abord, essentiellement autour des produits traditionnels : crème de marrons, purées, marrons en bocaux… Mais la mobilisation des producteurs a permis de stimuler toute la filière de la châtaigne. Des boulangers et pâtissiers, des restaurateurs, ont été sollicités pour inventer de nouveaux produits. Et petit à petit la reconnaissance est venue : le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche est né en 2001 de l’initiative des producteurs de châtaignes, tout comme la création du label d’Appellation d’origine protégée de la châtaigne d’Ardèche, en 2006. Un signe fort de cette reconnaissance progressive se voit également dans la documentation officielle du département de l’Ardèche. Il y a encore vingt ans, le châtaignier n’était présent nulle part dans la documentation touristique ; aujourd’hui, il n’y a plus un seul document sans la présence d’une châtaigne ou d’une feuille de châtaignier ! 

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