C’est sans doute par les Éclaireuses et éclaireurs unionistes de France (EEUdF) qu’il faut commencer si l’on souhaite brosser le portrait de Marion Véziant et d’Antoine Rolland ensemble. « C’est là qu’on s’est rencontrés, souligne Antoine, et c’est là qu’on a vécu nos premiers engagements, jusqu’à des responsabilités nationales et internationales. » De fait, Marion a été la présidente des EEUdF de 2006 à 2010.?» Si Marion a raccroché le foulard depuis l’arrivée de la famille à Lyon, Antoine a poursuivi quelques années avec des engagements au niveau du groupe local, mais aussi beaucoup plus largement puisqu’il a présidé l’organisation du rassemblement Roverway de plus de 5 000 aînés de toute l’Europe, en France, en 2016.
Le virus du militantisme
Cheminement de foi dans le cadre du projet spi des EEUdF, vie en collectivité et projets d’équipe, vie dans la nature sont autant de fondamentaux scouts qui ont marqué l’un comme l’autre. « Cela nous a interpellés sur la question de l’engagement, mais nous a aussi conduits dans les lieux d’engagements militants et professionnels qui sont les nôtres aujourd’hui. » Ainsi, Antoine évoque-t-il sa présence sur les listes électorales écologistes lors des élections municipales, mais aussi son engagement dans la dynamique Église Verte et comme l’un des rapporteurs nationaux du sujet synodal sur l’écologie ou encore, avec Marion, au sein d’un club d’investisseurs dans l’économie sociale et solidaire ou dans son AMAP. Parents de quatre enfants de 18 à 9 ans, ils estiment avoir transmis cette soif d’engagement à leurs enfants?: « quand on voit nos deux aînées très actives dans le mouvement lycéen “Jeunes pour le Climat” ou notre aînée qui fait un service civique dans le cadre d’une association d’éducation populaire, on se dit qu’on a dû leur transmettre le virus de l’engagement », sourit Antoine. De leurs expériences et de leurs engagements, Antoine et Marion essaient de faire passer des choses simples à leurs enfants, sans chercher à forcer la direction qu’ils devront ou devraient prendre. « Bien sûr, petits, nous les avons inscrits à l’école biblique et au catéchisme, mais ensuite, nous avons laissé cela à leur liberté et leur choix ; nous sommes contents quand ils nous accompagnent au culte », explique Antoine. Pour Marion, ce qu’ils ont essayé de transmettre à leurs enfants, c’est « qu’ensemble, on peut changer les choses et qu’on peut être heureux sans forcément avoir. »
Le droit de progresser
Cette « pédagogie », Antoine comme Marion tentent de la vivre dans leur cadre professionnel. Marion est directrice du Foyer Notre-Dame des Sans-Abri à Lyon (FNDSA) qui héberge plus de 1500 personnes tous les soirs. « Ce n’est pas seulement l’action que l’on mène qui est portée par des valeurs chrétiennes, mais c’est aussi la façon dont nous menons cette action – dans le management, dans la conduite des projets, dans l’accompagnement des personnes, tant bénéficiaires que salariées. Ça nourrit ma foi et ma pratique de la foi. C’est une question qui m’accompagne au quotidien?: “qu’est-ce que ça change d’être chrétienne dans ma pratique de directrice ?” » Un questionnement que partage Antoine, enseignant-chercheur en statistiques?: « Après des études d’ingénieur, je me suis dirigé vers l’enseignement, parce que j’étais émerveillé de voir des jeunes changer et de pouvoir les accompagner. Ce que j’essaie de faire avec mes étudiants, dans l’encouragement, le droit à l’erreur, l’accompagnement de la progression… » « Un fonctionnement à rebours du monde dans lequel on vit, complète Marion, qui met en avant l’encouragement plutôt que la sanction, la réussite collective plus que la réussite individuelle et s’appuie sur la conviction de la progression et de l’amélioration personnelles. »
Antoine lors de la célébration du temps de la Création au Grand temple de Lyon
(© Véziant-Rolland)
Un lieu de relecture
Ces convictions, Marion et Antoine les nourrissent par leur vie spirituelle, entre autres par leur engagement dans l’Église protestante unie de Lyon Rive gauche où ils sont animateurs du catéchisme. Marion est membre du conseil de paroisse, Antoine essaie de suivre des cours à distance de l’Institut protestant de théologie pour nourrir son ministère de prédicateur laïque et ils ont eu la joie, de célébrer plusieurs fois le culte à deux. Comme au sein d’une communauté de vie chrétienne (CVX, d’inspiration ignacienne) dont ils ont fait partie pendant cinq années, « c’est un lieu de relecture de vie personnelle qui nous est nécessaire. »
Le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri
L’association a été créée en 1950 par Gabriel Rosset, un laïc engagé dans l’Église catholique, avec pour missions Accueillir, Héberger, Accompagner, Insérer.
Aujourd’hui, LE FOYER déploie et gère des accueils de jour, divers dispositifs d’hébergement (urgence et insertion), de logement accompagné (résidences sociales) et d’insertion professionnelle (ateliers chantiers d’insertion). Il remet en vente les dons qui lui sont faits dans 6 Bric-à-Brac (magasins solidaires).
La crise sanitaire et le confinement ont conduit LE FOYER à fermer temporairement les Bric-à-Brac et les ateliers d’insertion, pour se concentrer sur les fonctions vitales?: héberger, alimenter, accompagner. 2 sites supplémentaires ont été ouverts en l’espace de 2 semaines pour accueillir plus de monde. Si beaucoup des 1200 bénévoles du FOYER sont confinés, car vulnérables, la crise a suscité une forte mobilisation de personnes prêtes à offrir de leur temps qui vient compenser le manque.
Siège :
3 rue Père Chevrier
69361 Lyon cedex 07
Tél. 04 72 76 73 53
