Interreligieux : le livre dans le monothéisme

Le groupe interreligieux de Vienne se réunit régulièrement pour connaître un peu plus la religion de l’autre. La dernière rencontre s’est penchée sur les livres sacrés et leur origine. Comment ces textes se sont-ils formés et de quelle manière Dieu s’est révélé à travers ces eux ?

Rencontre interreligieuse de Vienne autour des « livres sacrés » © FPA

La Bible et le Coran sont des livres sacrés pour les chrétiens comme pour les musulmans. Mais sacré, que veut dire ce terme ? Est-ce un texte en relation avec le divin, ou divinement inspiré, intangible, qui ne saurait être enfreint ?

Une brève introduction permet de préciser le contenu de certains termes : Torah, Bible hébraïque, Bible chrétienne – et côté musulman : Coran, Sunna – ensemble des hadiths, traditions plus ou moins authentiques des faits et gestes et paroles du Prophète, permettant d’éclairer certains passages obscurs du texte du Coran et de donner des réponses à des questions sans réponse dans le Coran – la Sira ou vie du Prophète (d’après les hadiths).

Pour les chrétiens, la Bible n’a pas été dictée par Dieu. Celui-ci se révèle au travers d’auteurs humains, utilisant des styles littéraires variés. Pendant des siècles, elle a été transmise d’une façon orale et la majorité des spécialistes pense qu’elle a été écrite entre le VIIIe siècle et le IIe siècle avant J-C pour l’Ancien Testament et jusqu’à la fin du IIe siècle de notre ère pour le Nouveau.

On ne sait pas bien comment les textes de la Bible se sont constitués, leurs auteurs restent inconnus. Ainsi on a attribué le Pentateuque à Moïse, mais comment Moïse aurait-il pu raconter sa propre mort à la fin du Deutéronome ? Les livres de la Bible hébraïque n’ont pas forcément été écrits par les personnages à qui la tradition les attribue, d’où l’importance d’une étude historico-critique de ces textes pour les replacer dans leur contexte historique et culturel, afin de mieux les comprendre.

 

 

Dieu parle à l’homme dans le Coran

 

Le Coran a été révélé à Mohamed entre 612 et 632, fixé sous sa forme canonique actuelle par Uthman. Il est la Parole de Dieu révélée dans le cœur du Prophète. La récitation du Coran est un acte d’adoration. C’est une révélation à un prophète, qui n’est qu’un simple transmetteur. Elle se produit tantôt de manière directe, tantôt comme à travers un voile, tantôt par l’ange Gabriel. Et le passage de l’oral à l’écrit n’a pas altéré la transmission du texte coranique.

L’imam rappelle que le Coran doit être lu dans son ensemble et qu’on ne doit pas se contenter d’isoler un verset, et, de plus, on ne peut bien comprendre le sens profond du Coran que si on le lit en arabe, sa langue de composition. Les traductions ne rendent jamais parfaitement le sens du texte en arabe.

 

 

Qu’en est-il de l’approche historico-critique de ces deux livres ?

 

Une profonde divergence apparaît quand on évoque la possibilité d’interpréter les textes en fonction de leur contexte. Même si cela est assez récent pour les chrétiens (hormis les créationnistes), il est nécessaire d’actualiser les textes bibliques sans en dévoyer le sens. Par contre, cela n’est pas envisageable pour les musulmans du groupe. Le Coran étant dicté par Dieu, il ne peut pas être l’objet d’études critiques.

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