Naissance d’une aumônerie hospitalière, une affaire de longue haleine

Après plus de vingt années de réflexions, de tractations, d’avancée et de recul, le service de l’aumônerie protestante du centre hospitalier de Vienne est officiellement installé, et l’information a été diffusée à tous les services de l’hôpital.

C’est une très longue histoire démarrée dans les années quatre-vingt-dix, entre les Églises protestantes du secteur viennois, le centre évangélique de Pentecôte (Assemblée de Dieu) l’Église réformée et l’Église baptiste. Faute de membres suffisants, cette dernière a été dissoute et ses fidèles ont gagné d’autres centres religieux lyonnais. Le départ du pasteur baptiste, les mutations pastorales chez les ADD et la tentation de prosélytisme chez certains ont empêché l’avancée du projet.

 

Une partie de l’équipe

 

 

La visite, un service d’Église

 

Sous l’impulsion de l’aumônière de l’hôpital de Romans et de Saint-Vallier, Pascale Gheysen, et le souhait de quelques membres de la paroisse, la réflexion a repris sur le sens chrétien de la visite. Quand cette dernière a pris sa retraite, c’est Pedro Escobar, représentant de la Fédération protestante de France et aumônier à Thonon-les-Bains qui a assuré la relève. Deux axes se sont dessinés, celui des visites à domicile et celui dans les établissements sanitaires. Si les visites individuelles auprès des personnes isolées, anciens ne pouvant plus se déplacer ou malades ont toujours eu lieu, elles n’étaient guère structurées. Pas de retour sur ces rencontres, parfois difficiles et le visiteur restait avec le poids de son ressenti sans pouvoir le partager avec d’autres bénévoles, le conseil presbytéral ou le pasteur.

 

Une priorité s’est vite dessinée : les visites en milieu hospitalier. Le territoire viennois est riche d’établissements, hôpital, cliniques, maisons de retraite ou de repos. Mais pas question de s’éparpiller, les forces vives n’étant pas très nombreuses ! Il s’agira, dans un premier temps, de se limiter au centre hospitalier de Vienne.

 

 

Sous l’autorité de la Fédération protestante de France (FPF)

 

On ne s’improvise pas équipe d’aumônerie. Deux démarches sont nécessaires :

 

La première : avoir un aumônier, bénévole ou salarié reconnu par la FPF, avoir le diplôme universitaire formant des aumôniers pour les institutions publiques telles que les hôpitaux, les prisons et les armées. La formation comprend en plus d’un module de formation théologique, un module de connaissance juridique : compréhension des lois et des droits relatifs à l’aumônerie dans le cadre laïc. Jacques Gibas, titulaire de ce diplôme, aumônier hospitalier, membre de l’Église évangélique de Villefontaine a accepté cette fonction au centre hospitalier viennois.

 

La deuxième condition est que l’équipe d’aumônerie soit constituée par différentes Églises appartenant à la FPF. C’est pourquoi l’Église locale s’est associée au centre évangélique de Pentecôte et l’Église évangélique de Villefontaine.

 

Ces deux conditions remplies, la convention de partenariat avec le centre hospitalier de Vienne a été signée fin décembre.

 

 

Un ministère de l’Église

 

Jacques Gibas, aumônier

 

Tout comme on ne s’improvise pas aumônerie hospitalière, on ne s’improvise pas ou on ne s’autoproclame pas visiteur. Celui-ci doit avoir l’accord de son Église, car il n’intervient pas en son nom propre. Le ministère de l’aumônerie est d’abord celui de toute l’Église. Il relève de la paroisse. Il apporte une présence de l’Église auprès du malade, lui permet l’accès au sacrement. Son accompagnement spirituel consiste à prendre en compte les détresses et les ressources spirituelles des personnes et le cas échéant, leurs traditions religieuses, dans le temps de leur épreuve : la maladie, la souffrance, parfois la mort.

 

Exempte de tout prosélytisme, cette prise en charge comprend principalement une écoute active des questions spirituelles. Elle répond également aux éventuelles demandes religieuses (rites, sacrements, gestes significatifs, mise en lien avec une communauté d’appartenance).

 

Le visiteur s’engage à respecter le règlement en vigueur dans l’établissement. Il est soumis au secret professionnel.

 

 

Se former, une nécessité

 

Une formation sur « l’écoute et la communication » est en cours. Elle concerne une dizaine de personnes. Comment se présenter ? Comment commencer la visite ? Comment la terminer ? Comment discerner s’il convient de proposer un moment de prière, de lecture d’Évangile ?

 

Le visiteur doit aussi apprendre à se protéger. La visite nécessite pour lui, une grande maîtrise émotionnelle. Ce qui l’entraîne à se former aux compétences nécessaires pour l’écoute, la mise à distance de ses convictions personnelles. Une relecture de ces visites au sein du groupe s’avère toujours bénéfique.

 

Dans une seconde étape, est prévue une programmation d’un emploi du temps pour celles et ceux qui n’ont jamais visité les malades et souhaiteraient être accompagnés pour commencer.

 

Le centre hospitalier possède déjà une aumônerie catholique animée par la responsable Marie Toussaint et une équipe de bénévoles. Partageant le même bureau, nous devrons travailler en bonne intelligence et mettre en place une collaboration fraternelle inter-aumônerie, afin d’éviter le contre-témoignage.

 

Le centre hospitalier de Vienne compte plus de 700 lits répartis en dix secteurs, dont un centre de rééducation fonctionnelle et une maison de retraite. Les besoins en visites sont immenses. La moisson est grande, mais comme le dit la liturgie de l’EPUdF, Dieu donne les ouvriers dont l’Église a besoin.

 

Le centre hospitalier de Vienne

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