L’Église protestante unie, une Eglise en marche synodale… 

Délégué pour la région Nord-Normandie, le pasteur Basile Zouma revient sur le synode national de Lille qui a vu l’élection d’une femme à la tête du conseil national et l’adoption de la Déclaration de foi de l’EPUdF   

L’Eglise est au bénéfice d’événements qui donnent sens et mission à sa présence dans le monde. Un événement fondateur pour chaque croyant qui est la rencontre avec le Christ et un événement communautaire, une rencontre avec les autres qui donne naissance à la communauté. Cette Eglise vit donc dans une confiance à Dieu dans le Christ mais aussi dans une marche commune dont l’expression « synode » en donne le mode. On peut dire que la communauté est synode, elle est « marche ensemble ». En synode, la communauté « fait route ensemble ».

 

Le synode national (annuel) est l’instance suprême de gouvernance de l’Eglise protestante unie (EPUdF). Il fixe les grandes orientations, formule les textes constitutifs, veille à la solidarité entre tous. Les délégués synodaux sont les visages des Eglises locales et de son organisation régionale. Par le synode national l’Eglise manifeste le lien de communion unissant les paroisses locales entre elles et rend aussi visible ses réalités régionale et nationale.

 

Dans le synode, chaque délégué n’est pas le représentant, le porte-flambeau ou le défenseur d’une cause communautaire locale, mais un participant actif à l’élaboration de causes communes, de choix d’orientations et pour une solidarité toujours plus large.

 

Renouvellement et Déclaration de foi

 

Cette année 2017, le cinquième synode national de l’EPUdF (2013-2017) a eu lieu à Lille du 25 au 28 mai dans les bâtiments de Sciences Po. Plus de 230 personnes se sont retrouvées dans les locaux de ce haut lieu du savoir. Tout au long de cette marche synodale, deux événements marquants ont fait l’objet des travaux : le renouvellement quadriennal des instances exécutives (Conseil national et Coordinations…) des décisions synodales et l’élaboration d’une nouvelle déclaration de foi qui vient parachever le processus d’union entre Réformés et Luthériens. Il faut noter aussi un temps important qui est celui des vœux où l’occasion est donné aux synodaux de faire des propositions de textes (mis au vote) qui permettent d’apporter entre autres des améliorations à la gouvernance ou des invitations à des engagements forts dans des questions sociales tels que l’accueil des étrangers, la lutte contre la torture… Lors de ce synode a été rappelé le nécessaire engagement en faveur des mineurs isolés, la poursuite de la campagne « Exilés, l’accueil d’abord », la mise en place de jeux catéchétiques sur Internet adaptés aux différents âges des enfants…

 

Soumission mutuelle

 

Le synode s’est ouvert avec un message du président sortant du Conseil, Monsieur Laurent Schlumberger, intitulé « Et la joie sera ton cortège ». Ce message joyeux rappelait que l’événement qui permet l’Eglise est un miracle dont l’auteur est Dieu. Même si cet événement n’est pas réformable, l’Eglise-institution qui le porte, elle l’est utilement. Dans ce propos, il a souligné que même si la gouvernance de l’EPUdF, a un caractère démocratique, le lien réel des uns avec les autres, doit être celui de la soumission mutuelle. Et pour l’expliciter, l’image de la roue a été utilisée. A un moment donné de son mouvement, certains points de la roue sont en haut et d’autres en bas, ce mouvement s’inversant dans la suite. Ce n’est pas de la hiérarchie mais des positionnements différents à toute fin utile.

 

 

Emmanuelle Seyboldt, présidente du conseil national

 

Un des faits marquant de ce synode c’est l’élection pour une première fois, à la présidence du Conseil national, d’une femme, la pasteure Emmanuelle Seyboldt. Emmanuelle Seyboldt est pasteure depuis 1994. En 2013, elle assure la présidence de la région Est de l’ERF (Eglise réformée de France) et ensuite vice présidente de la région unie Est-Montbéliard en 2014. Elle prend fonction de présidente à partir de juillet 2017.

 

L’autre fait marquant, c’est le vote par le synode national d’une nouvelle Déclaration de foi. C’est en quelque sorte la carte de visite de l’EPUdF pour celles et ceux qui veulent voir, en quelques mots, ce en quoi elle croit. « Déclarer sa foi – confie le pasteur Laurent Sclumberger – c’est un peu comme déclarer sa flamme ». L’EPUdF, après avoir adopté ce qui unissait Luthériens et Réformés en 2013 au synode de Lyon, dit maintenant ce qui la porte et constitue sa foi. Le lent et patient travail d’élaboration de cette Déclaration de foi redit encore la force du geste synodal qui consiste à ne laisser personne sur le bord de la route dans cette marche commune. Un texte commun est toujours un compromis qui, nous le savons, ne peut satisfaire point par point à tout le monde. Mais dans sa vie synodale, chacun dans l’Eglise apprend à se réjouir de ce qui fait plaisir et sens pour l’autre dans la communauté. La Déclaration de foi est un texte à dire et à écouter pour que la poésie des mots vienne exprimer cette rencontre avec le Christ.

 

Un synode vient de finir et un autre suivra en 2018 ; entre les deux, marchons d’un même pas animés de la confiance et la soumission mutuelle évoquée plus haut dans le texte pour une Eglise Bonne Nouvelle dans le monde.

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