Après un culte au temple de Paris-Béthanie, préparé autour d’Ésaïe 40, puis un pique-nique, nous avons embarqué dans notre car, direction la Bourgogne, le dimanche 19 avril, pour une semaine en dehors du temps.
Se décentrer
Se rendre à Taizé permet de s’interroger avec tolérance sur la grande Église, au-delà des seules communautés locales. Ces séjours bousculent les acquis théologiques, en invitant à réfléchir à une véritable communion en Christ avec nos frères et sœurs catholiques ou orthodoxes. La variété des paroisses a aussi conduit les jeunes à se confronter à l’interculturalité : différences sociales, confessionnelles, culturelles ou familiales ont semblé gommées le temps du camp. Nous avons également goûté à l’intergénérationnel, grâce à une équipe allant de 28 à… 79 ans !
Transmettre
Notre aînée, Marie-Hélène, venue d’Aubervilliers, rêvait d’un « dernier séjour » dans la communauté. Ayant fréquenté Taizé dans ses jeunes années, elle voulait partager cette expérience avec les jeunes de sa paroisse et d’ailleurs. Elle nous a fait profiter de son expérience de vie, dans l’humour, l’ouverture d’esprit et une humanité merveilleuse. Tout au long de la semaine, elle a pris le temps de discuter avec chacun et chacune, avec une parole d’encouragement par-ci, un conseil d’ancienne par-là. Nous espérons bien que ce prétendu dernier séjour sera reporté à une prochaine fois…
Accueillir et accompagner
La pasteure Esther-Mélanie Boulineau, membre du SRJ, s’était aussi portée volontaire pour encadrer le groupe. Sa présence a été très appréciée des jeunes, qui lui ont souvent demandé des éclairages sur la foi et le christianisme. Elle a aussi assuré plusieurs soirs les « confidences » dans l’église, pour accueillir celles et ceux qui souhaitaient un accompagnement spirituel, un conseil, ou évoquer leurs doutes.
Notre comparse Léo, du SRJ, avec Léon, un camarade du Zimbabwe, était chargé de l’animation biblique chaque matin. Grâce à leurs mises en scène amusantes et pédagogiques, les jeunes ont parcouru l’Évangile de Jean. Frère Benoît a aussi reçu nos jeunes Parisiens pour une rencontre de groupe, où ils l’ont bombardé de questions sur la place de la foi dans la vie.
© DR
À Taizé, grâce aux échanges avec les personnes qui les entourent, les jeunes se sentent plus que n’importe où accompagnés, soutenus, dans la main de Dieu. L’atmosphère qui règne permet d’aborder librement tous les sujets, parfois intimes, que l’on n’exposerait pas ailleurs, sans se sentir jugé, mais au contraire écouté avec empathie. Là, ils peuvent faire le point sur leurs soucis quotidiens, leurs blessures, et interroger leur rapport au divin.
Et ils en ont tant besoin ! Certains arrivent avec de lourds bagages, mais le temps d’une semaine, ils apprennent à les déposer, à les vider du superflu, en s’appuyant sur Dieu pour les aider à les porter. Ils repartent alors plus légers, ragaillardis, prêts à affronter les épreuves de la vie avec une force décuplée, une foi renouvelée. Une véritable transformation s’opère en quelques jours, et laisse une trace durable.
« Ceux qui comptent sur l’Éternel renouvellent leur force. » (Ésaïe 40.31)
