Ce fut un bon synode. Je ne veux pas dire que les autres ne l’étaient pas, mais celui-ci fut intéressant et presque familial, comme si le sujet synodal rassemblait toutes les personnes présentes. Il faut dire que les deux rapporteurs, Michel Rodes et le pasteur Jean-Pierre Nizet, avaient fait un travail préalable remarquable. Ils ont insisté sur l’état de nécessité concernant la question écologique. Ce n’est plus une mode ou un luxe, c’est une nécessité. Ensuite s’est posée la question du rôle du chrétien dans cette situation. Le chrétien a une vocation fondée sur la Parole de Dieu. Il sait donc qu’aucun processus de mort n’est définitif, il n’est pas pétrifié par la peur, il a une espérance active, il est ouvert à la vie. La désespérance n’est donc pas l’issue des problématiques écologiques, mais le chrétien est appelé à une conversion, non pas à l’écologie, mais à la présence du ressuscité dans les conditions actuelles. La conversion est aussi liée à la repentance, non pas culpabilité mais lucidité et action ; lucidité qui conduit à voir nos limites, les limites de notre manière de vivre. La dimension spirituelle de notre conversion est donc confession de foi en Jésus Christ, limite de toute puissance et porteur d’espérance.
Suite à l’exposé des rapporteurs, l’assemblée a réagi pour demander des actions concrètes : bilan carbone des Églises, comment faire, la place des jeunes dans cette problématique…
Il semble que la question du rôle des Églises et de l’ecclésiologie doive être travaillée. Beaucoup de questions ont émergé :
Que va-t-on laisser à notre prochain (proche physiquement et générations futures) ?
Comment gérer l’écologie sur un territoire donné (et par conséquent spécifique) ?
Comment être vigilants à ce que les demandes de changements ne génèrent pas des fractures ? Par exemple, les agriculteurs ne sont pas à condamner car leur fonction est de nourrir la population et chacun en bénéficie. La bienveillance entre les uns et les autres apparaît comme essentielle. L’action collective, les uns avec les autres, ville et campagne, dans la diversité des milieux et conditions de vie se révèle importante. Le rôle de l’Église se dégage comme devant être force de proposition. Quel peut donc être le rôle de l’Église ? Son rôle doit être « politique », dans le sens de faire des choix communs (systémiques), sans culpabiliser les personnes.
Ensuite, le thème a été travaillé en groupe à partir de thèses proposées par les rapporteurs. Chaque groupe a lu, voté « d’accord »/« pas d’accord » pour chaque thèse, reformulé leur contenu et proposé d’autres thèses. À la fin du synode, ce sont douze thèses qui vont être envoyées aux rapporteurs du synode national, car le travail de tous les synodes régionaux est mutualisé. Nous verrons à l’issue du synode national (mai 2020) le message que l’Église fait passer aux Églises locales et à destination de la société civile.
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Les thèses adoptées par le synode régional
1. Ouverture.
2. Distinguer nature et création.
3. La création est un don.
4. La responsabilité centrale de l’être humain.
5. La liberté de l’être humain.
6. Le respect du monde animal.
7. Dénoncer les idoles de notre temps.
8. Les champs d’action de l’Église.
9. La question du surpeuplement.
10. Responsabilité et devoir du chrétien.
11. Envoi.
12. Proposition d’action.
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Les vœux
Ces vœux formulés ont été adoptés par le synode régional. Ils seront discutés en conseil régional et transmis au conseil national.
Interpellation de la Fédération protestante de France et de l’Entraide protestante sur les conditions d’accueil des étrangers, afin que les Églises fassent preuve d’humanité.
Demande de diagnostics thermiques et économie/production d’énergie par les Églises locales.
Demande de vélos écologiques (U-feel par exemple) pour limiter l’empreinte carbone des pasteurs.
Demande de vigilance et de réponse sur les discriminations de conseillers presbytéraux à l’égard de ministres.
