Bientôt à Saint-Étienne : exposition sur Louis Comte

Le 25 novembre 2026 sera inaugurée une exposition à l’Hôtel de Ville de Saint-Étienne, sur la vie du pasteur Louis Comte (1857-1926), à l’occasion du centenaire de sa mort. Retour sur sa vie et son « Œuvre ».

Autour du pasteur Alain Pélissier, paroisse de Saint-Chamond, un groupe de travail est en effervescence depuis six mois déjà pour faire de 2026 l’année Louis Comte.

Dans le groupe, Marie-France Marcuzzi, auteure de Louis Comte et le soleil de sa vie, l’Œuvre des Enfants à la Montagne, dans lequel elle livre une mine d’informations sur son action.

Martina Pérache, Nicole Trémoulhac (de Saint-Étienne), Jacqueline Boyer (de Saint-Chamond), Jean Luc Dailcroix et Philippe Monod (de Firminy) apportent leur pierre à la réalisation de l’évènement.

L’exposition va mettre en lumière la vie inventive et féconde du pasteur engagé, républicain et humaniste qu’était Louis Comte.

Parmi les onze panneaux que les visiteurs de l’exposition pourront découvrir, deux d’entre eux seront consacrés à « l’Œuvre des Enfants à la Montagne ». Originale par son ampleur et son organisation, c’est sa grande affaire, le soleil de sa vie : offrir des séjours d’été à la montagne à des enfants des villes qui respirent toute l’année la pollution industrielle.

 

Des enfants à la Montagne

Dans son texte fondateur, le pasteur Louis Comte écrit :

« Nous avons soif de grand air, soif de vie, pourquoi ne nous donnez-nous pas ce qui appartient à tout le monde : l’air de la montagne, l’ombre des sapins, l’arôme des champs ? Pourquoi sommes-nous exclus de cette distribution de santé ? »

C’est ainsi, à l’été 1893, dans l’Église réformée concordataire de Saint-Étienne, que l’Œuvre des Enfants à la Montagne trouve son berceau et c’est sur le « Plateau » qu’elle y fait ses premiers pas.

C’est une petite région située sur la frange sud-est de la Haute-Loire, qui contient toute une poche protestante dans les cantons de Tence, Montfaucon, Saint-Agrève, Fay-le-Froid et Yssingeaux.

En cette fin de XIXe siècle, le périple est long depuis Saint-Étienne.

Les enfants prennent le train en gare de Saint-Étienne Chateaucreux à 5 h 30 pour rejoindre Dunières. Là, une quinzaine de diligences tirées par trois chevaux chacune prennent la route du « Plateau ».

Au terme du voyage, en début d’après-midi, les plus jeunes enfants sont accueillis dans des fermes, alors que les aînés s’installent dans des équipements collectifs (parmi eux, « Les Sapins », sur la commune de Devesset, appartenant à la Compagnie des Mines de Saint-Étienne).

Loin de la fumée des usines, l’esprit du petit citadin s’élargit au contact de la nature ; il y découvre l’apprentissage de la liberté, dans ce monde paysan que Louis Comte affectionne et comprend parfaitement. Sa famille modeste habite une ferme accolée à une magnanerie, à Avéjan, petit village aux confins du Gard.

 

L’homme de la Montagne

Louis Comte est un pasteur à l’âme paysanne. Il connaît la terre, il lit le ciel, il sait le monde paysan façonneur de paysages. Il est des leurs. Là-haut, sur le plateau du Mazet-Saint-Voy, on l’appelle « L’homme de la Montagne ».

Intuitif et visionnaire, tout en développant son Œuvre des Enfants à la Montagne, Louis Comte va soutenir et motiver les paysans à s’organiser pour produire mieux, dans de meilleures conditions de vie et de travail.

Visionnaire aussi était-il déjà à l’époque, en cherchant à préserver la nature. Il fait planter notamment 40 000 plants d’essences variées sur 17 hectares, sur la commune des Vastres, tout près de Fay-le-Froid. Naturellement, la forêt constituée s’appellera : « Le Bois des Enfants ».

Le visiteur de l’exposition ne pourra pas être indifférent à toutes les causes que le pasteur aura cherché à défendre tout au long de sa vie. Il considérait, tout simplement, la religion chrétienne, fondée sur les deux commandements, de l’amour de Dieu et du prochain, comme un principe de progrès pour l’humanité.

 

Un réformateur social

Louis Comte est un réformateur social. Il adhère à une forme de « socialisme humaniste », prône la cohésion sociale, qui doit arriver à concilier projet collectif et individualisme, puissance de l’État et liberté de conscience.

Y aurait-il un peu de Jaurès en Louis Comte ?

À imaginer le pasteur tribun, charismatique, se lancer dans des luttes contre les injustices, prononcer des discours et des sermons à la hauteur de ses engagements et de ses convictions, pourquoi pas ?

Au fond, et c’est peut-être là, le fait le plus marquant de sa vie : Louis Comte s’est lancé dans la bataille pour prendre la défense du capitaine Dreyfus, comme Jaurès.

Quelle singularité de choix ce dimanche 26 octobre 1899, où au lieu de présider le culte, il participe avec ardeur à une réunion publique en faveur de l’affaire Dreyfus. Cet « écart » lui vaut une suspension de salaire six mois durant, sur proposition du préfet.

Quelque temps auparavant, Louis Comte était repéré par la force publique en train de surveiller le collage des affiches dreyfusardes et donc interdites dans les rues de Saint-Étienne.

Il nous appartient aujourd’hui de faire vivre la mémoire d’un homme, d’un protestant, qui aura marqué son temps, et qui marque toujours nos esprits, cent ans après sa mort.

De l’exposition s’ensuivront des conférences autour de Saint-Étienne et sur le « Plateau » ; des cultes de la cité auront lieu à Saint-Étienne, à Saint-Chamond, à Firminy dès l’automne prochain.

Une journée touristique est prévue à l’été 2027 sur le « Plateau », avec voyage en train à vapeur qui a remplacé à partir de 1902, les diligences flanquées de trois chevaux qui appartiennent au passé.

Mais imaginons la joie de ces enfants montant dans ces diligences qui devaient les emmener vers la liberté, une liberté chère à Louis Comte.

 

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Portrait de Louis Comte

 

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Le convoi de diligences montant sur le Plateau avec un surveillant discutant avec un paysan

 

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La carte de situation avec l’indication du Bois des Enfants aux Vastres

 

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Rapport de police mettant en cause Louis Comte pour avoir collé des affiches lors de l’affaire Dreyfus

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