La première femme archevêque de Canterbury

Le 25 mars dernier, Sarah Mullally a été intronisée comme archevêque de Canterbury. L’arrivée d’une femme à la tête de l’Église d’Angleterre pourrait conduire à une rupture de la Communion anglicane.

© Roger Harris/Wikimedia Commons
Sarah Mullally

L’archevêque de Canterbury n’est pas seulement le plus haut responsable religieux de l’Église d’Angleterre. Il est aussi le chef spirituel de la Communion anglicane qui regroupe des Églises de 165 pays. La nomination de Sarah Mullally à ce poste, en octobre dernier, a provoqué de forts remous au sein de l’anglicanisme, pour deux principales raisons : d’une part, certaines Églises anglicanes ne reconnaissent pas l’ordination des femmes comme prêtres ou comme évêques ; d’autre part, certains responsables anglicans conservateurs ont perçu dans cette nomination une orientation trop libérale à leur goût, notamment sur la question de la bénédiction des couples de même sexe.

 

Vives réactions parmi les Églises du Sud

 

Les réactions les plus vives sont venues de la Global anglican future conference (Gafcon) dont la moitié des provinces se trouvent en Afrique. En octobre 2025, dans un communiqué, elle a affirmé rejeter les instruments de la Communion anglicane : l’archevêque de Canterbury, la Conférence de Lambeth, le Conseil consultatif anglican (ACC) et la Réunion des primats. Puis, en mars 2026, la Gafcon et son président, le révérend Laurent Mbanda, archevêque du Rwanda, ont annoncé la création d’un Conseil anglican mondial. Une nouvelle instance qui vient donc concurrencer les institutions traditionnelles de la Communion anglicane et pourrait conduire à une véritable rupture.

 

Cette fronde a commencé en 2008 avec la création de la Gafcon. Un certain nombre d’évêques avaient décidé de boycotter la conférence de Lambeth et s’étaient réunis à Jérusalem. La crise couvait depuis plusieurs années, notamment depuis l’ordination en 2003 d’un pasteur homosexuel, Gene Robinson, comme évêque du New Hampshire, aux États-Unis. L’autre sujet de discorde, l’ordination de femmes, remontait quant à lui aux années 1970.

 

 

© Interestmedia/Wikimedia Commons
Sarah Mullally en 2018, lors de son installation comme évêque de Londres

Le parcours de Sarah Mullally : une double vocation

 

Sarah Mullally naît le 26 mars 1962 à Woking, dans le Surrey, au sud-est de Londres. Après ses études secondaires, elle répond d’abord à un premier appel, celui de devenir infirmière. À l’hôpital, sa carrière progresse rapidement. En 1999, elle devient la plus jeune directrice des soins infirmiers, pour l’ensemble de l’Angleterre, au sein du National Heath Service.

 

Mais, à la quarantaine, c’est une seconde vocation qui va prendre le dessus. Elle obtient un diplôme en théologie en 2001, année où elle est ordonnée diacre au sein de l’Église d’Angleterre. L’année suivante, elle est ordonnée prêtre par l’évêque de Southwark, à Londres. Puis, après quelques années à temps partiel à la paroisse londonienne de Battersea Park, elle démissionne en 2004 de ses fonctions d’infirmière. Elle se consacre alors pleinement au ministère pastoral.

 

Dix ans plus tard, en 2015, elle est l’une des premières femmes à devenir évêque, à Crediton, une petite ville à proximité d’Exeter. Seulement deux ans après, elle est nommée évêque de Londres, le troisième dignitaire dans la hiérarchie de l’Église d’Angleterre ! Notons qu’elle a entre autres dirigé le projet « Vivre dans l’amour et la foi » : un travail qui a abouti aux « Prières d’amour et de foi », des offices de bénédiction pour les couples de même sexe au sein de l’Église d’Angleterre. Du point de vue personnel, Sarah Mullally est mariée depuis 1987 avec Eamonn Mullally, avec qui elle a eu deux enfants.

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