Un temps pour la Création toute l’année ?

Entre le 1er septembre (début de l’année liturgique pour les orthodoxes), et le 4 octobre (fête de Saint-François-d’Assise dans la tradition catholique), se tient chaque année le Temps pour la Création.

Ce temps, initié par le patriarche Dimitri en 1989, a été soutenu par le Conseil œcuménique des Églises puis rejoint par l’Église catholique grâce au pape François en 2019 et est maintenant ancré dans les habitudes et d’ailleurs, vous-mêmes, au sein de votre paroisse, marquez certainement ce temps liturgique par des célébrations, actions, prières particulières. Mais pourquoi dédier un temps spécial pour la création ?

 

L’année liturgique est le rythme de la vie de l’Église : Christ est né à Noël, mort le Vendredi saint et ressuscité à Pâques chaque année depuis 2000 ans, et chaque année depuis 2000 ans nous nous efforçons de penser « qu’est-ce que cela signifie pour moi ? ». Et bien nous pouvons faire la même chose avec la Création et commémorer, chaque année, cet événement fondateur : « Le Seigneur Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder » (Genèse 2.15). Ce temps spécifique pour la création nous rappelle à notre responsabilité de cultivateur et de gardien du jardin d’Éden.

 

 

Beauté de la Création, bonté de Dieu

 

Ainsi, ce temps nous invite à deux mouvements : premièrement, nous souvenir que nous croyons en un Dieu créateur ; le monde qui nous entoure, la nature, les animaux, sont, comme les humains, des créations de Dieu. À travers la beauté des créatures, nous percevons la bonté du Créateur. Le temps pour la Création marque ainsi non seulement un temps de reconnaissance pour la vie donnée sur terre, mais aussi un temps d’émerveillement devant la beauté de cette vie. Dieu est bon, et je le vois dans la légèreté de la coccinelle, dans l’harmonie de la pâquerette, dans la majesté du cèdre. Mais aussi dans le blé, les fruits, les animaux que nous mangeons. La Création est là pour nous rappeler que non seulement Dieu nous a donné la vie, mais aussi qu’il œuvre dans nos vies chaque jour, comme indiqué dans Matthieu 6.26 : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. »

 

 

Une conversion à vivre

 

Le deuxième mouvement de ce temps nous invite à nous rappeler de Genèse 2.15 : nous avons une responsabilité particulière dans la sauvegarde de cette création. Force est de constater que, pour l’instant, l’humanité a failli à prendre soin de cette création : extinction massive du vivant, pollutions diverses aux plastiques, aux PFAS ou autres, émissions de gaz à effets de serre aboutissant à un changement climatique d’un rythme sans précédent… Piètres gardiens que nous sommes ! Il est temps de se repentir, de changer de voie, d’être comme les habitants de Ninive et d’écouter les lanceurs d’alerte, Jonas des temps modernes, qui nous incitent à changer de vie sous peine d’être détruits. Oui, ce temps nous invite à une véritable conversion, à revenir devant Dieu et à mettre réellement nos actes en accord avec notre responsabilité de gardien de la création.

 

 

Le souci de la Création, c’est tous les jours

 

Mais alors, est-ce à dire que, pendant les onze autres mois de l’année, la Création n’est pas un sujet ? Non, bien sûr ! Comme chaque jour de notre vie nous savons que Christ est né, a souffert et est ressuscité pour nous, chaque jour de notre vie nous devons aussi nous souvenir que Dieu nous a placés sur terre pour prendre soin de la Création.

 

Et nous pouvons même prendre une journée, le 17 mai prochain, au festival Terre d’Espérance, pour voir ensemble quelles peuvent être les conséquences concrètes de cette mission qui nous est donnée, pour nous individuellement et en tant qu’Églises ou communautés.

 

 

 

Retrouvez par ici les informations sur le Festival Terre d’espérance le 17 mai à Oullins

 

 

 

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