Certes, il ne comporte pas beaucoup de pages. Mais si sa lecture est rapide, c’est parce que, une fois commencé, vous ne le lâcherez pas. Ou plutôt : il ne vous lâchera pas puisque l’auteure, en offrant un commentaire sur Jonas, nous livre une méditation sur l’homme, sur nous, chacun de nous. Pour elle, Jonas « ce n’est pas l’humain qui est en quête de Dieu, c’est le divin qui vient nous chercher jusque dans nos retranchements » (p. 116). Grâce à son génie poétique, son sens de la formule, sa manière de jouer avec les mots et les lettres, l’auteure nous livre une page d’évangile. Le commentaire est à la limite de la philosophie. Non pas réflexive mais existentielle. Et c’est logique puisqu’il est nourri de l’hébreu (il commence par une traduction personnelle du livre biblique), pétri des commentaires et des réflexions juifs, récents et anciens. Luther, peu enclin à supporter les divagations rabbiniques, aurait sans doute apprécié des pages qui dénoncent l’homme « recroquevillé sur lui-même » et qui proclament un Dieu du-tout-possible, qui met en avant, vers l’autre, pousse vers demain. Un livre magnifique, ressourçant et vivifiant.
