En 1991, l’église luthérienne (Ecaal) adopte un texte sur le ministère diaconal dans sa diversité. Puis, en 1996, le synode de l’église réformée (Eral) adopte à son tour un texte sur les ministères, en reconnaissant que le seul ministère pastoral ne répond pas à la variété des besoins de l’Église.
Toutes ces réflexions restent lettre morte : il y a alors beaucoup de pasteurs et les emplois par l’état ne prévoient pas ces ministères diaconaux. Il aurait fallu trouver des financements alternatifs ! À la fin des années 2010, la situation a changé : les effectifs pastoraux sont en forte diminution et tous les emplois étatiques ne peuvent plus être mobilisés par l’Église, au risque de les perdre définitivement au fil des tours de vis budgétaires de l’État. L’Uepal décide alors de remettre la réflexion en route.
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Les ministres particuliers de l’Uepal reconnus en juin 2025
Ministère « général » et ministères « particuliers »
Le texte « La diversité des ministères de l’Uepal » est adopté fin 2020. Inspiré des réflexions de la Communion des Églises protestantes en Europe, ce modèle innovant de diversification des ministères articule le ministère de la Parole et des sacrements à une approche des missions que Dieu confie à son Église : leiturgia (célébrer et rendre grâce), koinonia (rassembler et édifier), diakonia (servir), martyria (annoncer et témoigner). Dans cette perspective, le ministère pastoral, susceptible d’embrasser l’ensemble de ces missions, est qualifié de « général ». Les autres ministères sont appelés « particuliers » : diacre, animateur communautaire, assistant pastoral, prédicateur et évangéliste. La création des diplômes universitaires (DU) permet à l’Uepal de négocier la possibilité d’utiliser les emplois de vicaires pour rémunérer ces ministres particuliers.
En 2025, les ministres particuliers sont au nombre de 53 : 38 aumôniers dont la formation initiale et continue est organisée par le service des aumôneries des établissements sanitaires et médico-sociaux ; dix animateurs communautaires, quatre diacres et un assistant pastoral, dont l’accompagnement et la formation sont pris en charge par le service de l’accompagnement des vocations, de la formation initiale des pasteurs et de la formation initiale des ministres particuliers. Un récent bilan d’étape réalisé auprès d’eux a notamment souligné la nécessité d’une réflexion sur l’articulation du ministère particulier avec le ministère pastoral. Les craintes exprimées tournent autour d’une forme de solitude dans l’exercice de leur ministère.
Implication de la Commission des ministères
Aujourd’hui, le discernement des nécessités de ministères particuliers est effectué localement. Courant 2026, l’examen des candidatures sera également réalisé par la Commission des ministères avant l’entrée en fonction sur la base de fiches de fonction spécifiques.
Les ministres particuliers sont une chance pour nos Églises en pleine mutation. Il n’en reste pas moins que les défis sont nombreux, à commencer par la cohésion liée à l’évolution des ministères et leur place institutionnelle, qui reste encore à clarifier. Il s’agit là de définir ce qui « fait ministère » et d’approfondir la réflexion sur de nouveaux lieux d’Église dans un monde mouvant, pour être aussi Église dans la diversité.
