© Cindy Filipe
Pierre-Adrien Dumas
Cette parole stupéfiante a confirmé l’appel que je ressentais alors au plus profond de moi. Depuis mes adorables monitrices d’école biblique jusqu’aux pasteurs de mon adolescence, il a fallu une série de témoins, parfois discrets ou inconscients de leur témoignage, pour m’ouvrir les Écritures et me sentir appelé au ministère pastoral.
Aventure d’autant plus stimulante que la faculté de théologie de Montpellier m’a donné la chance de tailler, polir, passer au creuset ma foi, ma vision de l’Église et du protestantisme. Dans l’hébreu et le grec, je découvrais la richesse insondable de la Bible, dans la dogmatique ma foi se questionnait, dans l’Histoire mon champ de curiosité s’élargissait, dans la philosophie la vie même devenait question.
Je me sentais appelé à servir les Églises du croissant huguenot, qui ressemblent à celle où j’ai grandi – elles ne sont pas si moribondes puisqu’elles savent encore faire naître des vocations ! Et puis me voici en région parisienne…
Bien sûr il y a des joies, un plaisir intense à partager l’Évangile, des projets enthousiasmants, des fruits que l’on peut déjà goûter, des situations et des personnes que l’on ne pensait pas rencontrer, des moments qui changent la vie. Bien sûr il y des contrariétés, des aigreurs, des colères, des déceptions, des envies de jeter l’éponge quand le travail n’est pas reconnu ou savonné…
Mais il y a par-dessus tout un appel qui reste vif et des paroles qui portent : « Tu n’es pas seul. Réjouis-toi d’avoir part à l’annonce de l’Évangile. Le Seigneur est fidèle ! »
