DES ORIGINES INCERTAINES
Les origines de la communauté de Baisieux sont incertaines. La présence au début du XIXe siècle de fidèles en zone rurale semble témoigner d’une présence plus ancienne. Mais les sources manquent pour en savoir plus. Aucune condamnation lors des « troubles » du XVIe n’est mentionnée. Les registres des Eglises de la Barrière sont muettes. Aucun fidèle de Baisieux ne vient à Tournai faire baptiser un enfant ou se faire marier au cours du XVIIIe siècle. Comme pour Illies la petitesse de la communauté peut expliquer ce manque de sources. A son apogée l’Eglise locale ne compte qu’une cinquantaine de fidèles. Mais Baisieux est sur la route qui mène à Tournai, un chemin d’exil pour les réfugiés protestants. L’hypothèse est donc que certains d’entre eux se seraient arrêtés en chemin pour s’installer ici.

L’APOGÉE AU XXe SIÈCLE
Le temple réformée – expression toujours visible à l’entrée – est érigé en 1841 au Petit Baisieux non loin de la gare sur l’initiative d’une famille de cultivateurs du village. Dès le départ Baisieux est une annexe de la paroisse de Lille. On dénombre alors une quarantaine de fidèles. L’apogée est atteint au milieu du XXe siècle. Le culte hebdomadaire est alors assuré l’après-midi par le pasteur de Lille. Les fidèles ne sont pas tous de Baisieux. Certains viennent de Chéreng, Camphin en Pévèle, Willems.
Au XXe siècle les protestants organisent des colonies de vacances ou des séjours à la campagne pour les enfants de la région lilloise. Les petits Lillois, Fivois, Roubaisiens, et Tourquennois, viennent respirer le bon air de la campagne à Baisieux.
Le temple est rénové en 1950. C’est alors que les détenus de la prison de Loos façonnent la croix. Quant à l’harmonium1 actuellement en service, c’est un don de la paroisse catholique de Bouvines.
UN RENOUVEAU RÉCENT
Mais progressivement la communauté diminue et vieillit… L’avenir du temple devient incertain. On peut ainsi lire à l’orée de l’an 2000 : « Par contre, ce qui est préoccupant, c’est le déclin de la petite communauté basilienne. Un culte mensuel avec Sainte Cène est assuré le quatrième dimanche de chaque mois. 7 à 8 personnes âgées de 57 à plus de 80 ans y assistent régulièrement. Ce petit noyau de fidèles craint à juste titre pour l’avenir de leur temple. »2. De plus l’édifice est menacé par un champignon et les infiltrations d’eau.
Mais depuis des travaux ont été entrepris par des paroissiens. En 2018 l’installation électrique est refaite, comme l’allée en 2022. En 2023 le temple est repeint, toiture et gouttière sont rénovées. Mais des moisissures apparaissent en 2025 après un hiver pluvieux ! Les murs ont été depuis nettoyés et repeints. L’installation d’une VMC et d’une régulation électronique devrait éviter le retour de l’humidité. De plus la communauté s’est reconstituée et rajeunit. Baisieux et les villages alentour sont désormais des espaces périurbains. On s’y installe mais on travaille en ville. Quelques nouveaux paroissiens suffisent alors à redonner une nouvelle jeunesse à l’Église locale. Une vingtaine de fidèles assiste au culte mensuel. À la veillée de Noël toutes les places sont occupées et les recueils arc-en-ciel manquent… Baisieux est un bel exemple de résurrection.
1L’harmonium vient d’être nettoyé par un facteur d’orgue
2Liens Protestants n°116 juin 2002, Michel Thelliez
