Sunday Agboola

Dans Le Cep du mois de février, la paroisse de Nîmes-Fraternité lançait un appel à signer une pétition pour que son « protégé » ne soit pas expulsé. Une lutte de tous les instants pour les membres de la paroisse et les soutiens.

« J’ai fait quoi de mal ? » crie Sunday Agboola lors de l’entretien que nous avons. Un cri déchirant auquel il est difficile de répondre. Voilà plus de sept ans que Sunday a fui la misère du Nigeria et est venu se réfugier en France, accueilli par la paroisse de Nîmes. Un jeune mineur qui a traversé de nombreuses épreuves pour arriver dans un pays accueillant où il pensait pouvoir travailler et fonder une famille. Le rêve est à portée de main.

 

À son arrivée, il est donc accueilli par la paroisse de Nîmes et une grande chaîne de solidarité se met en place. Il ne parle pas français, mais rapidement il est scolarisé, apprend la langue et se forme à la maçonnerie. Après plusieurs stages, il débute une formation complémentaire chez les Compagnons. C’est un jeune travailleur motivé et il fait le bonheur d’un artisan qui désespérait de pouvoir recruter un jeune maçon, faute de candidats.

 

Sunday Agboola (© DR)

 

 

 

Un sentiment d’injustice

 

Jusque-là, l’histoire semble sans tache. Mais Sunday est rattrapé par l’administration préfectorale qui lui refuse son droit de séjour et lui impose une « obligation de quitter le territoire français » (OQTF). En juillet 2021, tout vole en éclats, le dialogue avec l’administration devient impossible. C’est le désarroi chez tous ceux qui ont soutenu et aidé Sunday dans son accueil et son parcours. Le tribunal utilise de nombreux arguments, tout d’abord son âge : il serait arrivé majeur en Europe, contrairement à ce qu’indique le passeport délivré par l’ambassade du Nigeria. Un nouvel argument est alors mis en avant : il a gardé des liens avec sa mère, il ne sera donc pas isolé en retournant dans son pays natal.

 

Mais ne nous leurrons pas, le temps de la justice n’est pas le temps des hommes. Il faut du temps et une patience à toute épreuve pour traverser ces événements. Aujourd’hui, Sunday est un homme effondré, qui se sent humilié et rejeté. Comme il le dit si bien : «J’ai tout fait pour être intégré, je veux vivre en paix avec tout le monde. » La préfecture du Gard applique la Loi dans son sens le plus strict et, malheureusement, elle ne met aucune humanité dans ces décisions. Pour les associations qui le soutiennent, pour son employeur, son ancien lycée, c’est un énorme gâchis, un immense sentiment d’injustice.

 

 

 

Traverser l’adversité

 

Même si nous sommes alertés par des images ou des articles sur l’horreur que des enfants, des femmes et des hommes vivent en essayant de fuir la misère et les persécutions, c’est une autre histoire de l’entendre de la bouche de celui qui l’a vécue. Sunday n’insiste pas sur les conditions qui l’ont poussé à quitter son pays, à demi-mot on comprend vite que survivre n’est plus possible. Un seul moyen : fuir. Pour rejoindre l’Europe depuis le Nigeria, il faut traverser un bout de désert, arriver au Maroc pour tenter un passage en Espagne… Il y a encore des murs en Europe. La barrière de Ceuta entre l’Espagne et le Maroc en est un exemple. Un jeune adolescent seul est la cible de tous les manipulateurs. Ainsi au Maroc, entre Tanger et les forêts du nord du pays, il manque de finir esclave. De tentatives en tentatives, il franchit ce mur, se retrouve au bord de la Méditerranée. Une seule solution, traverser le détroit de Gibraltar. Malgré les cris et les corps, Sunday a une forme de résilience, il entend la voix de sa mère qui le pousse à avancer et dans cette fuite il voit des signes. Alors que tout le monde est battu par la police espagnole, il ne reçoit aucun coup. Il traverse la mer sur un bateau pneumatique alors qu’il ne sait pas nager et il arrive vivant. « J’ai risqué ma vie, j’ai vu la mort pour arriver ici. »

 

Au fil de la rencontre, Sunday Agboola alterne entre des phases d’absences et de temps de parole. Il replonge dans ses souvenirs, la mort, la violence et il craque. Ce qui revient le plus, c’est l’humiliation : il ne la supporte plus, pour lui, bien sûr, mais aussi pour la famille qu’il est en train de fonder. Dans quelques mois, il sera père.

 

 

 

Un élan de générosité

 

Heureusement, un élan de générosité entoure et soutient Sunday. Il n’est pas seul, les protestants de Nîmes, des citoyens de la cité et d’ailleurs, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) et l’entrepreneur chez qui il a eu son contrat d’apprentissage se battent avec et pour lui.

 

Depuis 2009, la paroisse protestante de Nîmes a créé une Charte pour l’accueil de migrants. Cela correspond au démantèlement de la jungle de Calais. Ils ont accueilli jusqu’à 40 migrants afghans. Un accueil d’urgence, en attendant de trouver une solution plus pérenne. Jusqu’à présent, ils ont toujours trouvé des solutions pour leurs protégés, mais aujourd’hui la situation se durcit.

 

Sunday a besoin de notre aide, nous devons le soutenir pour qu’enfin il puisse vivre paisiblement, travailler et élever son enfant dans des conditions normales et sereines. Lisez bien l’encadré et signez la pétition qui vous est proposée.

 

 

 

Sunday doit rester parmi nous !

 

Aujourd’hui, je vous écris parce que nous avons besoin de votre soutien.

 

Depuis bientôt 7 ans, Sunday Agboola, jeune Nigerian, est accueilli à la Fraternité. Malgré son parcours d’intégration, il n’a pas obtenu son droit de séjour en France et se trouve avec une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Nous voulons que Sunday puisse rester parmi nous et continuer à construire sa vie personnelle et professionnelle.

 

Vous pouvez le soutenir, ensemble avec tous ceux et celles qui l’entourent.

 

 

 

Un seul « clic » suffit pour signer la pétition mise en ligne :

 

change.org/pourSunday

 

 

 

Vous y découvrirez toutes les étapes de son parcours de vie. Nous comptons sur vous pour diffuser cette pétition dans tous vos réseaux. Merci de votre solidarité !

 

Au nom de l’Église protestante unie,

 

Iris Reuter

 

 

 

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