Christiane Renard-Gothié, l’amour des mots

Vous avez pu découvrir Christiane dans votre magazine de mai. Elle nous invitait à découvrir son verset préféré et ainsi témoignait de sa foi, de son parcours de vie et de son goût des mots en nous offrant une prière. Rencontre avec cette amoureuse des mots.

Nous nous rencontrons à Lyon, dans les bureaux du secrétariat régional, où Christiane m’a gentiment rejointe. J’ai pris contact avec elle suite à son article et sa prière, touchée par le témoignage qu’elle a bien voulu partager avec nous sur ses difficultés, sa timidité et découvrant par là même sa production écrite.

 

(@Michel Gothié)

 

La musique comme respiration

 

Aujourd’hui, Christiane est organiste depuis environ 40 ans dans la paroisse de Lyon Rive Gauche où elle s’expose pour accompagner les cultes dimanche après dimanche. S’exposer : ce n’est pas l’inclination naturelle de Christiane, au contraire ! Comme elle l’a raconté dans son témoignage de mai, Christiane est une grande timide et il en a fallu, du temps, de la force pour franchir toutes ces étapes.

 

Et effectivement, tout a commencé par la musique. À six ans, les notes jouées par sa mère sur le piano familial l’emmènent dans un autre monde : alors qu’à la maison l’atmosphère est pesante, la musique apporte calme et lumière, comme si le soleil entrait par les fenêtres. Deux ans plus tard, elle commencera, elle aussi, à pianoter sur les touches de l’instrument.

 

Des notes aux mots

 

La musique, c’est certes de la pratique et la beauté des sons, mais c’est aussi des concours et la timidité de Christiane la rattrapera et l’empêchera de progresser comme elle l’aurait souhaité. Elle n’en fera pas son métier : il en sera autrement, différemment.

 

Maman de quatre enfants, elle trouvera tout de même le temps de donner des cours de piano ou d’orgue à quelques élèves.

 

En parallèle de cette passion musicale naîtra une inclination particulière pour les mots, les beaux mots, les mots qui riment, les mots qui chantent et qui vivent.

 

Si Christiane a été entraînée dans la musique par sa mère, c’est son père qui, lui récitant des poèmes, en particulier ceux de Victor Hugo, lui a permis d’appréhender la beauté des mots, de la langue française. À 12 ans, elle achète un fascicule de la pièce d’Edmond Rostand Cyrano de Bergerac et c’est un enchantement pour elle : une écriture en vers, une histoire de capes et d’épées, c’est un coup de foudre.

 

Artisanat des mots

 

Lire, dévorer de la poésie est une chose, mais écrire en est une autre. Il aura fallu du temps à Christiane pour se dire qu’elle pouvait elle aussi poser des mots sur une feuille, travailler des vers, des rimes.

 

Et c’est vers 30 ans, jeune maman, que Christiane va prendre la plume pour poser des mots et dire son amour pour ses filles. Une écriture solitaire, pas vraiment destinée à la diffusion.

 

Christiane envisage cet ouvrage comme un artisan avec l’envie de confectionner un bel objet d’art : beauté, harmonie, vision d’un idéal, du monde tel qu’il pourrait, devrait être.

 

Pour Christiane, le mode écrit est une chance : pas de timidité dans son face-à-face avec le papier, elle peut se permettre de se dévoiler, de témoigner, sans être confrontée frontalement à un public.

 

Puis, l’ordinateur est arrivé dans le foyer ainsi qu’internet et des concours de poésie en ligne, permettant à Christiane d’exposer ses écrits et de les confronter à la lecture d’autres (Michel, son époux, étant jusqu’alors quasiment son seul public). Et Christiane a pu constater que ses écrits entraient en résonance dans la vie de ces nouveaux lecteurs, avec des étonnements à la clef : les lecteurs ayant leurs propres images en tête, leurs idées particulières, ils comprennent autrement les textes et peuvent s’éloigner de l’intention première de l’auteur.

 

Une façon de témoigner

 

Il y a les poésies « laïques » et celles plus spirituelles, plus inspirées. Elles ne sont pas destinées aux mêmes publics, aux mêmes publications car parler de Dieu, de Jésus est considéré comme du prosélytisme et les refus de publication ne sont pas rares.

 

Pourtant Christiane écrit sur ce qui la fait vivre et la foi fait partie de sa vie, difficile d’en faire abstraction dans ses écrits. Ainsi sont nés plusieurs recueils, dont Les petits Psaumes de Mamie, écrits en pensant à ses petits-enfants et qui peuvent entrer en résonance dans la vie de nombre de grands-parents de nos paroisses.

 

Mais le poème spirituel n’est pas un exercice aisé. Pourtant, exprimer sa foi du côté de l’art est important pour Christiane. C’est une forme de témoignage. Mais pour témoigner, il faut être entendu, il faut être lu et ce n’est pas évident de trouver son public. À croire que nos contemporains estiment la poésie comme un art dépassé. Christiane a besoin de s’exprimer de cette façon, a besoin d’écrire. Il lui est arrivé de lire des poèmes au sein de la paroisse pour partager sa passion.

 

Au-delà des rimes

 

Christiane écrit des prières, des poèmes qui sont comme autant de mélodies. Son âme de musicienne se retrouve dans ses écrits, leur donne du rythme et une certaine musicalité.

 

Elle s’est également essayée aux nouvelles dans son recueil Au fil du temps, échos vagabonds. Et dans un autre style, elle nous propose la chronique d’une famille huguenote en Normandie dans son petit ouvrage Il était une foi au Royaume de France. Pas n’importe quelle famille : la sienne ! Bénéficiaire du grand travail généalogique réalisé par sa mère, qui, durant plus de 40 ans, a amassé documents, correspondances, actes notariés, les recopiant à la main et les compilant.

 

Christiane nous propose ainsi de suivre cette famille, sa famille, protestante en pays normand, avec des apports historiques mais aussi des mises en dialogue qu’elle a imaginées, permettant d’incarner les protagonistes de l’histoire.

 

Nos paroissiens ont du talent

 

À Lyon, Christiane est connue pour sa participation à l’accompagnement des cultes à l’orgue. Certains vont peut-être de la découvrir poétesse. Merci à elle de nous avoir ouvert les portes de son jardin quelque peu secret et d’avoir partagé avec nous son amour des mots.

 

Mais combien sont-ils, combien êtes-vous à posséder un don artistique ou autre, un talent qui reste caché, comme dans la parabole éponyme… par pudeur, par timidité ? N’est-il pas temps de s’exposer ?

 

 

 

Pour retrouver les publications de Christiane Renard-Gothié, rendez-vous sur le site viensetvois.fr pour la chronique familiale Il était une foi au Royaume de France et directement auprès de Christiane pour les divers recueils de poésie : christiane.gothie@laposte.net / 06 23 44 14 60

 

 

 

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