Des choix difficiles

Les mesures sanitaires en vigueur pour la réouverture des lieux de culte n’ont pas permis une reprise des célébrations dans tous les lieux, tant les contraintes peuvent apparaître comme contraire à la mission de l’Église.

Il y a quatre ans, j’écrivais un « poisson d’avril » pour Réveil, Gobble my Boblood, qui annonçait une sainte cène 2 en 1, sous forme de bille gélatineuse ! Mais c’est à se demander si la fiction ne va pas rejoindre la réalité compte tenu des protocoles à mettre en place pour notre vie d’Église. Plus sérieusement, suite aux annonces du gouvernement, je me suis interrogée sur la reprise de nos célébrations d’un point de vue matériel, mais également ecclésiologique.

 

 

Accueillir tout le monde

 

Comment mettre en place les mesures sanitaires exigées ? Signalétique, sens de circulation, désinfection… Mais peut-être plus que cela, c’est le filtrage imposé qui m’a interpellée. En fait, on ne nous demande rien d’autre que d’assurer un service d’ordre à la porte de nos lieux de cultes – sorte de videur, en capacité de refuser l’entrée de l’un ou de l’autre ou alors de faire une sélection. Nos temples ne sont pas grands, à Chambéry, on peut espérer accueillir une quinzaine de personnes : faut-il alors ne laisser entrer que les « fidèles », au risque que des « inconnus » prennent la place d’habitués. Ou alors, premiers arrivés, premiers servis, au risque de laisser à la porte des fidèles ? Et nous serions donc en capacité d’interdire l’accès à certains. Je n’ai jamais interdit à personne d’entrer dans un temple… quelle image de l’Église, quel accueil souhaitons-nous ? Certaines paroisses ont opté pour une inscription obligatoire, donc un fichier des présents au culte… N’a-t-on plus le droit de se rendre dans un lieu de culte de façon anonyme ? Nous sommes les premiers à crier au fichage, mais serions en capacité de le mettre nous-mêmes en place !

 

 

Faire fi des frustrations

 

Enfin il y a la frustration d’assister à un tel office : impossibilité de prendre un temps de discussion à l’entrée ou à la sortie, de chanter, de célébrer la cène : venir au culte, pour être avec d’autres, mais de loin, sans temps de communion (sacramentelle ou fraternelle). Venir donc pour entendre une parole donnée, selon les lieux, par une personne masquée… En Savoie, nous continuerons donc à faire circuler la Parole par la voie des ondes : par internet, mais aussi par téléphone ou par courrier puisque ce confinement a permis à une solidarité exceptionnelle de se mettre en place, en ne laissant personne sur le pas de la porte…

 

 

 

 

 

#Actualité #Covid-19 #En région #Temple

À la découverte des protestants en région

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

Vivre et penser la foi : La musique protestante
Paris
Vivre et penser la foi : La musique protestante
À la suite de Martin Luther, auteur et compositeur de cantiques, toutes les dénominations issues de la Réforme chantent avec force et constance, chaque courant et chaque époque de l’histoire du protestantisme mettant en cantiques sa sensibilité propre. Trois conférences accompagnées de musique proposent de découvrir l’histoire mal connue de trois répertoires pourtant couramment pratiqués dans nos cultes.
Canne : Le prix du jury œcuménique 2026
Cannes
Canne : Le prix du jury œcuménique 2026
Du 12 au 23 mai 2026 aura lieu la 79e édition du Festival de Cannes. L’un des films de la sélection officielle recevra un prix au regard particulier, celui du jury œcuménique.
Les temples ruraux du Pas-de-Calais
Flandres-Artois-littoral
Les temples ruraux du Pas-de-Calais
Les temples d’Achicourt et de Famechon ne sont plus des lieux de culte protestants. Mais bien que désaffectés, ils témoignent toujours d’une histoire locale de la Réforme. Dans cette seizième visite sur vingt, explorons les temples désaffectés de l'Artois.
Emmanuelle Seyboldt : la simplicité vraie
Lille
Emmanuelle Seyboldt : la simplicité vraie
Ce mois-ci, Liens Protestants est parti à la rencontre d'Emmanuelle Seyboldt, pasteure de Fives fraîchement arrivée en septembre dernier.
Nouvelles de l’Église protestante unie en région parisienne
Région parisienne
Nouvelles de l’Église protestante unie en région parisienne
La région parisienne couvre les arrondissements de Paris, de la proche et de la grande couronne, mais aussi les villes et grands espaces à l’Ouest jusqu’à Chartres et Dreux, à l’Est jusqu’à Troyes et au sud Est jusqu’à Auxerre et Nevers.
Les diacres permanents dans l’Église catholique romaine
Belfort
Les diacres permanents dans l’Église catholique romaine
Depuis le synode national de 2024 à Toulon, l’Église protestante unie de France travaille à la mise en place d’un ministère de diacre, à côté de celui du pasteur. Il est intéressant de regarder la façon dont l’Église catholique a, depuis 1963 (Vatican II), restauré le diaconat à côté du presbytérat et de l’épiscopat.
Quand l’Église se met au vert
Valentigney
Quand l’Église se met au vert
Est-ce céder à un romantisme de mauvais aloi que de suggérer l’idée suivante : nos demeures et nos espaces de vie sont imprégnés d’une certaine atmosphère perceptible à tous ceux qui les découvrent ? Un fait s’impose à l’évidence : il est des sites qui nous rebutent inexplicablement, alors que d’autres semblent nous faire signe d’entrer.
Concertation à propos de l’organisation ecclésiale dans le consistoire Vosges-Lorraine
Vosges-Lorraine
Concertation à propos de l’organisation ecclésiale dans le consistoire Vosges-Lorraine
Dans le cadre de la concertation engagée par le conseil régional avec les conseillers presbytéraux en responsabilité, la réunion du consistoire Vosges-Lorraine a accueilli, lors de sa réunion du 14 mars 2026 à Saint-Dié, la présidente du conseil régional Est-Montbéliard, Mme Anne-Laure Bandelier, et Mme Nicole Salles, trésorière régionale. Une vingtaine de personnes, pasteurs, présidents de conseils presbytéraux et délégués au consistoire, ont répondu à l’invitation du conseil régional et ont participé à cette première étape du processus du plan de réforme commencé voilà deux ans.
« Je crois, un peu, beaucoup, passionément, à la folie, pas du tout »
Dijon
« Je crois, un peu, beaucoup, passionément, à la folie, pas du tout »
Ce thème a rassemblé plus de cent personnes les 14 et 15 mars derniers à Dijon, où se tenait le week-end national de formation enfance et jeunesse organisé par le service national de catéchèse et le Réseau jeunesse.