Le Portugal, le pays qui se voit, se sent, s’écoute et se vit

Et si nous repartions une fois encore découvrir un pays, son mode de vie, sa culture, ses paysages ? C’est ce qu’a fait le groupe ET SI en octobre dernier. Destination : le Portugal.

Ce petit pays par la taille est chargé d ’histoire : les Celtes, les Romains, les Wisigoths, les Maures, les juifs et les chrétiens ont marqué cette nation. Et puis l’art, l’architecture, les auteurs (comme Luis Camoëns et Fernando Pessoa) et les paysages en font une destination qui ne peut que séduire les étrangers que nous sommes. Quand Porto travaille, Coïmbra étudie et Lisbonne s’amuse, dit-on. Nous n’avons pas vérifié mais ces trois villes méritent une visite.

 

Une architecture étonnante

 

Nous ne nous sommes pas prélassés sur les magnifiques plages de sable blanc dont on dit qu’elles sont les plus belles d’Europe ; nous avons préféré marcher dans les pas de Lord Byron qui tomba amoureux de ce magnifique pays, son climat doux, ses eucalyptus, ses pins, ses chênes, ses bougainvillées, ses fleurs de toutes les couleurs et son architecture étonnante de style manuélin et baroque.   
Le groupe à Cïmbra avec ses traditionnels étudiants © Bernard Trocmé

 

Nous avons écouté des petites conférences sur la visitation de la Vierge aux enfants de Fatima, sur l’exil des juifs au XVe siècle et surtout sur les marins découvreurs du monde dont ils ont rapporté de l’or, de l’ivoire, des épices, du thé…
Nous avons atterri à Lisbonne mais notre première découverte fut Fatima, qui attire chaque année plus de six millions de pèlerins.
Cet endroit, qui n’était qu’un petit village il y a cent ans, est devenu une immense ville grâce au sanctuaire marial plus que grandiose. On ne peut qu’être impressionné par les deux basiliques qui se font face de part et d’autre d’une esplanade d’un kilomètre de long ; la dernière basilique fut construite en 2007 avec ses douze portes en bronze de neuf mètres de haut et un plafond d’un seul dôme, pouvant contenir plus de 8 000 personnes. Et que dire du bûcher où brûlent d’immenses cierges !

 

Le monastère Santa Maria da Victoria à Batalha © Bernard Trocmé

   

 

  Après ce délire mystique, départ vers l’ouest avec Obidos, petite ville médiévale derrière des remparts crénelés donnée en dot à la reine Isabelle, et, devenue la ville des reines ; puis Nazaré, bien connue pour y voir de vieilles (mais pas toutes) dames aux sept jupons plissés superposés, sa falaise et son funiculaire et sur la plage les structures où l’on fait sécher les poissons. 

 

Nous partirons ensuite à Batalha pour la visite de l’église du monastère de Santa Maria da Vitória où se trouve le plus important monastère gothique du Portugal. Symbole de l’indépendance du pays, il est classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

 

Des chauves-souris indispensables

 

En route pour Coïmbra, capitale du Portugal jusqu’au XIIe siècle, avec l’une des plus vieilles et prestigieuses universités d’Europe. Lorsque nous avons visité la bibliothèque Joanina de style baroque, il y avait une cérémonie en l’honneur d’un jubilé universitaire et les toges ont virevolté devant nos yeux ébahis. Et quoi de plus étonnant d’apprendre que les chauves-souris de la bibliothèque sont les alliées indispensables à la protection des livres, en se nourrissant des mites et autres insectes amateurs de papier !
Pour aller plus au nord et notamment atteindre Viseu et son musée Grao Vasco, qui possède quelques peintures exceptionnelles de Grao Vasco, LE peintre du XVIe siècle, nous avons traversé les forêts de pins et d’eucalyptus (bois utilisé pour la pâte à papier) qui ont flambé cet été, qui ont fait, outre beaucoup de dégâts matériels, aussi de nombreuses victimes. On peut déplorer sincèrement l’absence d’aide de la France ; il est difficile de penser que des Français viennent s’installer dans ce magnifique pays pour bénéficier d’avantages divers et d’une qualité de vie qui leurs seraient inconnus en restant en France et qu’aucun mot de solidarité n’ait été prononcé par les autorités françaises ; ou alors si faiblement !

 

Ah ! Porto ! ses caves sur la rive du Douro où l’on déguste un célèbre alcool éponyme, ses azulejos. L’art envahit la rue. Savez-vous que Porto a donné son nom au pays ? En tant que Français nous avons bien sûr admiré le pont Dom Luis Ier, construit par un disciple de Gustave Eiffel.  
Le pont Dom Luis 1er © Bernard Trocmé

 

Une visite impérative

 

Que dire de Sintra, la capitale du romantisme, classée au patrimoine de l’Unesco depuis 1995 catégorie du paysage, entre mer et montagne ? Lord Byron, alors âgé de 21 ans, écrira : Sintra, la-bas ! Glorieux Eden, séjour céleste… Mais quelle main aurait su peindre ou décrire une moitié de ce que l’œil admire ? On comprend vite pourquoi le poète anglais est tombé amoureux de cette ville.
La visite au cap de la Roca est impérative puisque les géographes la considèrent comme la pointe ouest de l’Europe. Pour les poètes c’est le lieu où la terre se termine et la mer commence, where land ends and sea begins. La côte est escarpée, les falaises sont vertigineuses, la mer bleue s’agite et le vent nous balance d’un côté et de l’autre ; il faut faire un effort pour rester sur le chemin.

 

Le monument des découvertes au bord du Tage à Lisbonne © Bernard Trocmé
 

Enfin Lisbonne, la blanche, en bordure du Tage, ville aux sept collines qui a subi un tremblement de terre et un raz-de-marée en 1755 qui ont détruit à 95 % la ville, puis un feu en 1988 dans le quartier du Chiado. Ville chargée d’histoire, dont le quartier du Bélem a vu partir les grandes expéditions en caravelle tout au long du XVe siècle, sous les auspices du prince Henri le Navigateur. 

 

 

La tour du même nom date du XVIe siècle, chef d’œuvre militaire aux influences mauresques ; à côté, se situe le monument célébrant les découvertes maritimes au cours des XVe et XVIe siècles, monument construit en 1960 pour le 500anniversaire des découvertes, monument mastoque.
Nous ne dirons rien sur le monastère Jeronimos (classé au patrimoine de l’humanité) pas plus que sur l’église Santa Maria où repose Vasco de Gama, ni sur le fabuleux Musée de la marine : il faut les voir. Par contre, il est impossible de quitter Lisbonne sans goûter le pasteis de nata, délicieuse pâtisserie à la pâte feuilletée croustillante garnie de crème aux œufs et aromatisée de cannelle.

 

 

 

ET SI… ? C’est quoi ?

 

 

 

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