Poser des limites sûres et justes

Depuis des années, les experts exposent ce que sont les limites de la Terre pour y permettre la vie. Des limites sûres ont été fixées. Mais quelles seraient les conditions pour qu’elles soient justes ?

Elles sont neuf à avoir été établies dès 2009 pour mesurer les limites respectant les équilibres de fonctionnement de la Terre. Derrière le terme de « limite » résonne un avertissement, car on ne peut durablement utiliser plus de capacités que ce que la Terre peut en régénérer, ou continuer à la contaminer.

 

 

Des marqueurs concrets et fiables

 

Ces bornes fixées par les chercheurs définissent donc les objectifs à respecter. Certaines concernent les concentrations en matières néfastes, comme les métaux lourds, l’acidification des océans, ou le CO2 responsable du changement climatique. D’autres sont définies par rapport à une variété du vivant, par exemple par la mesure de la diversité génétique des espèces ou l’espace nécessaire aux forêts. D’autres enfin sont liées directement à l’apport de nouveaux ingrédients dans le sol et l’espace : azote, phosphore, plastiques, perturbateurs endocriniens, etc.

 

Le constat est le même pour les chercheurs : six de ces neuf limites sont d’ores et déjà dépassées. Par ailleurs la vitesse de la dégradation au niveau planétaire permet de comprendre le caractère crucial de l’effort à accomplir pour retrouver à terme les équilibres et la pérennité du système.

 

D’autant que pour chaque thème identifié correspond une série de liens humains forts. Par exemple le changement d’usage des sols et la part de forêt originelle sont directement reliés à l’activité humaine qui a besoin de logements, de transports, de terres et de productions agricoles, etc.

 

 

L’espérance dépasse la sûreté

 

À travers ces constats difficiles, le qualificatif « Terre d’espérance » d’un festival pourrait apparaître hors d’atteinte. Pourtant, deux dimensions peuvent être intégrées dans l’action des Églises. La première concerne la justesse. Car pour qu’une vie soit durable sur terre, encore faut-il qu’elle soit vivable et socialement paisible. Pour le dire autrement, les efforts à conduire pour respecter les limites biogéochimiques sûres ne suffisent pas, il faut qu’elles soient justes pour l’ensemble des populations.

 

Cette notion de justesse, qui permettra à chacun de vivre en relation avec autrui sans tension autre que celles dues aux personnalités individuelles, est délicate à appréhender. Par exemple cela implique qu’un accès à l’eau soit possible pour tout le monde, ou encore qu’un système de répartition des ressources naturelle soit prévu. Cela relève des domaines politiques mais aussi sociétaux et spirituels.

 

La seconde mission des Églises pourrait résider dans leur capacité à faire avancer le processus de dialogue entre les personnes et les peuples.

 

 

La justice des mesures, la justesse des relations

 

L’enjeu semble donc être de viser des limites complémentaires afin de ne pas oublier l’impact des relations humaines dans la pérennité de la vie sur terre et permettre à chacun l’espérance d’une vie localement possible ; ce qu’un certain nombre de chercheurs ont récemment appelé les « limites justes ».

 

Cela pose un véritable défi pour l’humanité, qui ne peut simplement se définir comme une espèce en interrelation et en impact sur son environnement. La relation à Dieu et la conscience portent effectivement en elles une responsabilité de témoignage et de solidarité, pour porter le monde vers son futur. La Genèse ne dit pas autre chose : « Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden, pour qu’il le travaille et le garde » (Genèse 2.15), ce qui pourrait se traduire dans un langage actuel par « prendre soin de la Terre ».

 

 

À retenir

 

  • Festival Terre d’espérance, 2 mai 2024 à Boissy-Saint-Léger, organisé par l’EPUdF-Région parisienne réformée.
  • Un cycle de conférences sur la question est proposé par la paroisse de Pentemont-Luxembourg
  • Des affiches d’information sont disponibles auprès de chaque paroisse.
  • Ces neuf limites sont le fruit du travail du Stockholm Resilience Centre (SRC).

 

 

 

 

 

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