« Je me suis fait tout à tous » (1 Corinthiens 9, 22)

En voici un joli projet ambitieux et généreux. Ce pourrait être considéré, d’une certaine façon, comme une forme d’opportunisme. Je m’approche de l’autre, je rentre dans son univers et je le domine, en lui enseignant ce qu’il doit absolument savoir.

Rencontrer l’autre

 

L’apôtre ne nous demande pas de le rejoindre, d’accepter sans discussion ses paroles apostoliques. Au contraire ! Paul vient nous retrouver là où nous sommes, en se mettant à notre service. Tout comme Dieu, en Christ, nous a rejoints là où nous sommes, en se mettant à notre service. C’est à cela que nous invite l’apôtre Paul : à l’imiter en allant à la rencontre de l’autre. Il nous invite à nous faire le serviteur de l’autre, à le rejoindre dans ses préoccupations et ses souffrances, dans sa vie et ses envies. Accompagner son prochain, c’est suivre ce que Dieu veut pour nous. Annoncer la Bonne Nouvelle ne se résume pas à déclarer que Dieu nous aime tels que nous sommes. Il nous demande de nous mettre en route en allant de l’avant et de sortir de ce qui nous emprisonne.

 

L’église, le rassemblement de
ceux qui sont appelés à
sortir@EPU

Sortir des murs

 

En lisant une prédication, j’ai trouvé cette explication : le mot Église, ekklesia en grec, vient de ex (hors de) et kaleo (appeler) ce qui signifie littéralement être appelé hors de, mis en chemin. L’Église n’est donc plus un rassemblement, c’est au contraire un appel à sortir, c’est un envoi en mission. Cette explication est pour moi limpide. Le texte prend toute son importance pour notre Église et pour nous. Nous avons tendance à nous replier sur nous-mêmes, à considérer que nos communautés, enfermées à l’abri des murs des temples, entendent, voire attendent tranquillement la Bonne Nouvelle. Mais n’est-il pas temps de sortir de nos murs bien confortables ? (Quoique les bancs soient bien durs) N’est-il pas temps d’aller à la rencontre de l’autre ? Et voilà un programme joyeux pour les temps à venir. Offrir la Bonne Nouvelle à tous. Sortir de nos murs, non pour assommer les autres avec une parole moralisante mais pour rejoindre notre prochain dans sa vie et se mettre à son service. Et dans cette joie de la rencontre, Dieu est présent.

 

 

 

Passage en contexte :

 

« 16 Si j’annonce l’Évangile, ce n’est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m’en est imposée, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! 17 Si je le fais de bon cœur, j’en ai la récompense ; mais si je le fais malgré moi, c’est une charge qui m’est confiée. 18 Quelle est donc ma récompense ? C’est d’offrir gratuitement l’Évangile que j’annonce, sans user de mon droit de prédicateur de l’Évangile.19 Car, bien que je sois libre à l’égard de tous, je me suis rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre. 20 Avec les Juifs, j’ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs; avec ceux qui sont sous la loi, comme sous la loi quoique je ne sois pas moi-même sous la loi, afin de gagner ceux qui sont sous la loi ; 21 avec ceux qui sont sans loi, comme sans loi quoique je ne sois point sans la loi de Dieu, étant sous la loi de Christ, afin de gagner ceux qui sont sans loi. 22 J’ai été faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d’en sauver de toute manière quelques-uns. 23 Je fais tout à cause de l’Évangile, afin d’y avoir part. » (1 Corinthiens 9, 16-23).

 

 

 

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