Menno Simons (1496–1561)

Le 16e siècle ne donna pas naissance à un mouvement réformateur mais à des mouvements. Entre eux, il y a eu de nombreuses disputes. Les anabaptistes subirent même les moqueries et la persécution des luthériens. Or, tous n’étaient pas violents et persécuteurs. Parmi eux, il y avait des pacifistes, comme Menno Simons.

Jean Calvin n’aimait pas les anabaptistes. Il rédigea même en 1544 une « Brève Instruction pour armer tous bons fidèles contre les erreurs de la secte commune des anabaptistes ». Zwingli l’avait déjà fait en 1527. Nos réformateurs officiels n’aimaient pas trop les « anabaptistes ». Ils les bannissaient des villes qu’ils contrôlaient. Ils organisèrent même des « chasses aux anabaptistes » (Berne) et en condamnèrent certains à mort. Calvin avait sans doute gardé en mémoire la « guerre des paysans » (1524-1524) et, plus proche, l’épisode de Münster (1534-1535) au cours duquel un groupe anabaptiste avait voulu imposer par la violence l’établissement du Royaume de Dieu, et avait dérapé dans le désordre et le meurtre. Mais d’autres anabaptistes étaient pacifiques, non-violents, et cependant Calvin les a poursuivis de sa vindicte. Menno Simons fait partie de ceux-là.

 

 

Non-violence

 

Né en Frise (Pays-Bas), formé dans un monastère, il était devenu prêtre, puis s’était penché plus précisément sur les Écritures bibliques, avait commencé à discuter les dogmes – notamment celui de la présence réelle –  et se considérait bientôt comme un « prêcheur évangélique » (1526-1531) tout en étant curé de Witmarsum. Une évolution que connaissent d’autres ecclésiastiques humanistes dans ces temps d’inquiétude spirituelle et de bouleversement social. Il va bientôt s’interroger sur le baptême des enfants, chercher en vain des sources scripturaires et se rapprocher de groupes qui baptisent les adultes – les rebaptisent. De là vient leur nom « d’anabaptistes » (ana = à nouveau). Mais c’est à l’occasion du massacre en avril 1535 d’anabaptistes proches de ceux de Münster, que Menno Simons s’oppose au projet d’établir le Royaume de Dieu par l’épée et développe une pensée résolument non-violente et à distance des États. En 1536, il abandonne son ministère de prêtre, se fait baptiser et devient un des leaders et organisateurs de la mouvance non-violente anabaptiste aux Pays-Bas. La reconnaissance de son rôle fera que les fidèles seront désignés comme « mennonites ». Il vivra poursuivi par les réformés, les luthériens et les catholiques et mourra en 1561 dans le Schleswig-Holstein.

 

 

Baptême d’adulte

 

« Si l’on est justifié par la foi, si la foi est suscitée par l’annonce de l’Évangile, si la foi appelle à la conversion et au repentir, comment peut-on baptiser des enfants qui n’ont pas encore la foi ? » La grâce sauve mais elle transforme aussi. Elle appelle le croyant à collaborer et pas seulement à attendre le décret de la prédestination. L’amour à la suite de Jésus-Christ, un amour des ennemis, peut se pratiquer au risque de sa vie. L’Église se donne une organisation propre, distincte de l’État, avec des croyants volontaires, qui pratiquent entre eux l’admonestation fraternelle, et qui refusent le serment aux autorités.  Et enfin l’opposition à l’intervention de l’État, à l’utilisation de la force en matière de foi, dans un contexte où les Princes ou les Villes décidaient de la religion de leurs habitants. En France des communautés mennonites existent en Alsace, au pays de Montbéliard, mais aussi en région parisienne, où les groupes mennonites ont été à l’origine de nombreux établissements pour personnes en situation de handicap. Les Églises mennonites ne sont pas encore entrées dans la Fédération Protestante de France mais leurs œuvres font partie de la Fédération de l’Entraide Protestante.

 

 

 

 

 

 

 

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