Printemps de la vie !

Au cœur du mois d’avril, la fête de la Pâque. Les Juifs revivent la sortie d'Égypte, le passage de la Mer, la vie dans le désert. Nous sommes nourris de cette histoire. Elle est couronnée par l'enseignement de Jésus, sa passion à Jérusalem, sa « sortie » de la mort. Ce jour de Pâques termine les Évangiles, et devient pour le groupe des apôtres, et par la suite pour les églises issues de leur témoignage, l’entrée dans une nouvelle ère.

Deux femmes…

 

L’évangéliste Matthieu (ch. 28, 1 à 15) ne parle que de Marie de Magdala et de l’autre Marie (mère de Jacques et Joseph, ch. 27,56). Il met l’accent sur le fait qu’elles viennent voir le sépulcre, le lieu où Jésus a été enseveli. C’est un rendez-vous avec le silence, les larmes, les souvenirs ; comme dans n’importe quel cimetière ; c’est tout. Le rédacteur de l’évangile fait alors de ces deux Marie des spectatrices d’événements qui transforment complètement la situation. Il va bouleverser leur désespoir et déstabiliser les habitudes ancestrales. La terre tremble, elles voient un éclair qui déplace la pierre tombale puis s’immobilise dessus, elles voient les gardes s’écrouler comme morts. Spectaculaire entrée en matière. Une voix surgit de cette masse lumineuse – elle ne leur veut pas de mal, c’est déjà ça ! et ce messager leur annonce que Jésus le crucifié n’est pas ici. Il les invite à le constater par elles-mêmes en regardant l’endroit où Jésus gisait : il est vide. Il n’y a plus trace du cadavre. Elles venaient voir ; et ce qu’elles voient n’est pas ce qu’elles s’attendaient à voir, car elles voient derrière la pierre, au-delà… qu’il n’y a plus rien à voir !

 

 

…et leur ami

 

Nos « tombeaux » enferment nos espérances mises à mal par la vie, par nos échecs ou nos espoirs déçus. Ils contiennent aussi nos caricatures d’autrui et autres bêtes noires. Nos cimetières sont divers ! Mais nous les fréquentons, parce que la douleur est vive, parce qu’il est difficile d’accepter de changer de regard, d’accueillir autrui dans sa différence. Mais l’ange en a vu d’autres ! et il n’en reste pas au constat visuel. Il explique le vide par le réveil du mort et son départ. Le « manque à voir », ici, ouvre le chemin d’une course au témoignage. D’une part, l’ange invite les deux Marie à aller voir ailleurs. Car elles verront. Sur le chemin d’un retour enfiévré par cette expérience, elles voient celui qu’elles n’espéraient plus voir. D’autre part, l’ange donne une parole qu’elles doivent partager avec les disciples. « Jésus est réveillé des morts et il vous précède en Galilée » ; pour le voir à nouveau, il faut se rendre là-bas. Leur mise en route n’est pas sans la crainte suscitée par l’extraordinaire de ce qu’elles viennent de voir et ne pas voir, des paroles entendues et de la mission reçue. Mélangée à une grande joie, car elles viennent d’apprendre que leur ami est vivant, que la vie ne s’arrête pas au tombeau, qu’il est possible de le voir à nouveau. Ce sera autrement et partiellement, puisqu’elles se prosterneront devant lui.

 

 

 

 

Demeure parmi nous, Jésus

 

« Notre chemin de terre ne saurait disparaître

 

Ô mon Dieu !

 

Tu l’as marché, tu l’as peiné,

 

Tu l’as ouvert jusqu’aux cieux.

 

Marche avec nous, Jésus, nous voulons voir Dieu !

 

Notre vie qui passe ne saurait s’effacer,

 

Ô mon Dieu !

 

Tu l’as prise, tu l’as portée jusqu’à la mort,

 

Tu l’as rétablie à jamais,

 

Un matin de Pâques.

 

Demeure parmi nous, Jésus,

 

Nous voulons vivre avec Dieu.

 

Notre solitude d’hommes ne saurait nous suffire

 

Ô mon Dieu !

 

Tu l’as connue, tu l’as percée,

 

Tu l’as comblé quand tu viens.

 

Prends notre main, Jésus,

 

Nous voulons être de Dieu

 

Jacques Julien et Claude Peurron.

 

 

 

#Spiritualité

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