L’autre, c’est celle qui m’a portée, c’est ceux qui m’ont accueillie.
L’autre, c’est celui qui a participé, participe et participera à me construire.
L’autre, c’est la joie de la rencontre, rencontre de l’autre semblable, merveille de l’être humain composé de la complexité tant des parties de son corps que de son intelligence, son cœur, son âme, son rire, son chant.
L’autre peut être la Beauté, beauté de la nature en mouvement, qui me parle par le truchement de l’odeur de la terre après la pluie, de sa luminosité, de ses couleurs et particulièrement quand c’est l’automne. De l’éclosion du printemps à travers ses verts tendres, le miracle de la perfection des fleurs, de leur forme, de leur couleur et de leur parfum, nous rappelant que l’on quitte l’hiver. C’est comme un choc vivifiant, bouleversant, une connexion, comme la découverte d’un tableau, d’une poésie, d’une lecture, d’une écoute, d’un mot, d’une musique.

Il faut s’alléger, pour aller vers l’autre ou le tout-Autre (© Pixabay)
Un choc vivifiant
Connexion, libération, par la beauté qui donne du sens, comme une rencontre de vie. Questionnement, réponse, apaisement, telle une prière qui nous confirme notre place de personne aimée inconditionnellement et que l’on croit profondément, pleinement. Une force qui dit le pourquoi pour l’aujourd’hui, le comment et le mystère, pour créer le désir de cheminer encore et encore, joyeux, mais lucide sur la route de la vie. La beauté est un élan qui ouvre l’esprit et le cœur vers plus de vie, une rencontre d’amour qui enrichit, une parole qui impulse le désir d’être, de communiquer et d’avancer.
Mais l’autre, c’est aussi celui ou celle qui peut détruire par un geste, une parole, un mauvais modèle. La vie annoncée est abîmée, le processus de construction faussé. Le puzzle perd de nombreuses pièces, donne à voir un avenir menacé, amputé et parfois dès le départ. Rien ne s’arrête là assurément, même si pour certains la route aura un blocage indéniable et parfois un arrêt définitif.
Force et don
C’est sans compter sur la force de la vie. L’autre qui permet au fil des années de poursuivre le chemin du pardon. Ce don qui, reçu ou donné, libère et colmate les plaies. Les blessures… C’est par un mot magique, la « résilience », dont parle le psychiatre Boris Cyrulnik et dont il est le premier à avoir bénéficié dans son parcours de vie, que l’espérance donne tout son sens et son impact. Il s’est relevé, comme chacun d’entre nous peut le faire.
En ce temps pascal, « se relever » prend tout son sens – cette rencontre directe, tout autre, intérieure, spirituelle, qui permet de continuer le chemin, allégé et plus unifié, pour aller sereinement vers l’autre, l’Autre, le Tout-Autre. Se sentir enfin envoyé ! De toute cette énergie, de cette force d’amour viendra une puissance de vie qui nous aide et nous aidera à rebondir, plus responsable, pour notre épanouissement. Enfin tourné et déplacé vers l’autre.
