Sixième jour

Nous continuons, à travers le texte de la Genèse, notre découverte du thème synodal sur l’écologie. En quoi l’humain est-il appelé à être image et ressemblance de Dieu ?

Dieu dit : « Faisons les êtres humains à notre image, et qu’ils nous ressemblent vraiment ! Qu’ils commandent aux poissons dans la mer, aux oiseaux dans le ciel, aux animaux domestiques et à toutes les petites bêtes qui se déplacent sur le sol ! » (Genèse 1.26-27 – traduction Parole de vie)

 

« Élohim dit : nous ferons l’adam à notre image, selon notre ressemblance. »

 

Là, nous désignons par « image » l’hébreu tsélem. Et par « ressemblance » le mot demout. L’un et l’autre ont des sens voisins, difficiles à différencier selon une rigueur conceptuelle occidentale. Et tous les commentateurs, juifs aussi bien que chrétiens, se sont cassé les dents à vouloir définitivement trancher l’affaire. Calvin, dans ses Commentaires de l’Ancien Testament, fustige même ceux qui s’y hasardent ! Il faut dire que la distinction d’Aristote entre l’image qui renverrait à la substance et la ressemblance aux accidents, pour commode qu’elle ait pu paraître à certains Pères de l’Église, trahit largement la langue hébraïque. Les développements de Thomas d’Aquin qui font de l’image et de la ressemblance ce qui est préservé ou perdu à la suite de la « chute », demeurent pures spéculations. Pour d’autres, tsélem renverrait à l’ombre : l’humain serait l’ombre projetée de Dieu sur terre ; et demout à une effigie. La Bible en français courant propose de ne pas chercher à différencier les deux mots et de traduire par : « Faisons les êtres humains, qu’ils soient comme une image de nous, une image vraiment ressemblante ».

 

© NASA

Une domination respectueuse

 

La deuxième partie du verset, « qu’ils dominent sur… », peut raisonnablement être comprise comme une façon d’expliciter – au moins en partie – cette ressemblance : Élohim domine (le verbe hébraïque, radah, est quasi unanimement compris comme une action de domination). L’humain est vu comme devant dominer sur l’ensemble des espèces animales. Mais à la manière dont Dieu domine : « pour leur espèce », et en admirant la beauté et la bonté de ces espèces (verset 25 b). Le « pour leur espèce » renvoie à un équilibre systémique – biologique – entre les espèces animales. L’humain y tient sa place, proie ou prédateur selon son espèce, comme le renard est le prédateur des poules, le caméléon des mouches, le pénicillium des bactéries. La domination relève là du constat écologique. Mais, le « Dieu vit que cela était bon » du même verset, commande de dominer de façon respectueuse. La Bible ne justifie pas l’élevage en batterie ni la barbarie des abattoirs industriels ! L’humain est intégré à un équilibre biologique où il est appelé à mettre en œuvre ses capacités propres pour que « cela demeure bon ».

 

Culturel par nature

 

De façon paradoxale, on pourrait dire que l’humain étant un animal culturel par nature, il ne saurait se comporter dans cette nature de façon barbare.

 

 

 

Ce texte est tiré de l’ouvrage suivant qui vient de paraître :

 

Bible et écologie. Questions croisées, Didier Fiévet, Olivétan, 2019, 160 p., 16 €.

 

 

Retrouvez la fiche complète de cette ouvrage sur le site des éditions Olivétan

 

 

 

#Actualité #Bible #Création #Dieu #écologie et justice climatique #Spiritualité

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